"Augmentation drastique des besoins humanitaires" au Cameroun, selon l'ONU

Réfugiés camerounais dans le village de Bashu-Okpambe au Nigeria, le 31 janvier 2018.
Réfugiés camerounais dans le village de Bashu-Okpambe au Nigeria, le 31 janvier 2018. (PIUS UTOMI EKPEI / AFP)

La crise dans les régions anglophones du Cameroun, où des séparatistes combattent l'armée depuis fin 2017, ainsi que le conflit contre le groupe djihadiste Boko Haram dans le nord du pays, entraînent une "augmentation drastique des besoins humanitaires", a alerté l'ONU le 24 janvier 2018.

"Aujourd'hui, le Cameroun ne peut plus être une crise oubliée. Il doit, plus que jamais, être notre priorité", a déclaré Allegra Baiocchi, coordinatrice humanitaire de l'ONU pour le Cameroun, lors d'une conférence de presse à Genève.

Environ 4,3 millions de personnes, "soit une (...) sur six, en majorité des femmes et des enfants", ont besoin d'une "assistance vitale" au Cameroun, a-t-elle estimé. "Les attaques contre les civils se sont multipliées. De nombreuses personnes touchées par le conflit survivent dans des conditions difficiles sans assistance humanitaire", a-t-elle ajouté

Ce pays d'Afrique centrale est confronté à plusieurs crises simultanées : dans l'extrême-nord, l'armée combat depuis 2014 le groupe djihadiste nigérian Boko Haram; dans l'est des groupes armés centrafricains sont source d'instabilité; et dans le nord-ouest et le sud-ouest, les régions anglophones sont, elles, en conflit avec le pouvoir central depuis plus d'un an.

La crise des régions anglophones

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes anglophones, qui réclament l'indépendance de leurs régions, ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, le nord-ouest et du sud-ouest sont le théâtre d'un violent conflit armé.

Chaque jour, des combats opposent l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés. Cachés dans la forêt équatoriale, ces derniers attaquent gendarmeries, écoles et multiplient les enlèvements.

"Nous reconnaissons l'ampleur des différentes crises auxquelles nous sommes confrontés et nous encourageons tous les acteurs à travailler en partenariat étroit", a déclaré Mme Mariatou Yap, directrice de la protection civile camerounaise, présente à la conférence de presse de Genève.

"Les besoins humanitaires vont probablement augmenter dans les années à venir", estime Mme Baiocchi qui s'inquiète d'un sous-financement face à ces besoins. Cela "signifie que nous ne pouvons pas faire tout ce qui est en notre pouvoir pour améliorer la vie des personnes les plus vulnérables au Cameroun", s'alarme-t-elle.

Selon l'ONU, 437 000 personnes ont été déplacées par le conflit dans les régions anglophones. Plus de 32 000 autres ont fui au Nigeria voisin.

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