Attaque meurtrière au Niger : "Il s'est passé l'inimaginable" dans "l'endroit le plus zen" du pays, selon l'avocat de l'ONG Acted

Les humanitaires français partaient en week-end quand ils ont été attaqués, dimanche 9 août 2020 au Niger.
Les humanitaires français partaient en week-end quand ils ont été attaqués, dimanche 9 août 2020 au Niger. (BOUREIMA HAMA / AFP)

Les humanitaires tués dimanche étaient partis pour une excursion touristique pour se changer les idées. Parmi eux, six Français, confirme Me Joseph Breham. On les a "éliminés du jeu" parce qu'"Acted sert à quelque chose".

Huit personnes, dont six Français et deux Nigériens, ont été tuées dimanche 9 août à la mi-journée par des hommes armés venus à moto dans la zone de Kouré au Niger, a confirmé lundi à franceinfo Joseph Breham, l'avocat de l'ONG Acted. "Toutes les équipes d'Acted, les dirigeants, les salariés, sont absolument dévastés, atterrés, révoltés", a-t-il réagi, faisant part de son "écœurement" et "dégoût" après cette attaque.

Quel degré d'inhumanité est nécessaire pour en arriver à tuer et à massacrer ceux qui d'évidence, n'ont jamais porté les armes, et n'ont fait qu'apporter toute l'aide possible aux plus démunis du monde. Joseph Breham, avocat de l'ONG Actedà franceinfo

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Ces personnes étaient parties dans cette zone pour une excursion touristique selon lui : "Cette équipe d'humanitaire, ce sont des êtres humains comme tout le monde et on peut comprendre que le week-end ils aient décidé de partir à l'équivalent de Walibi ou je ne sais quoi au Niger, ils ont juste eu envie de se relaxer et de voir des girafes", a précisé l'avocat de l'ONG.

L'attaque est survenue en zone "orange"

"Il s'est passé l'inimaginable", a-t-il dénoncé. "Ils sont allés dans l'endroit le plus zen du Niger, à 45 minutes de la capitale en voiture et pour autant, alors que tous les Français, tous les expatriés vont à cet endroit-là, pour la première fois il y a eu une attaque", a-t-il indiqué. Cette attaque meurtrière a eu lieu dans une zone "orange", déconseillée par le ministère des Affaires étrangères : "Il y avait des contre-indications à être partout au Niger, cette zone en particulier, dans la contre-indication générale du Niger, était l'une des zones les plus zens, voire la plus zen", selon Joseph Breham.


Pour l'avocat de l'ONG Acted, cette attaque montre "qu'Acted sert à quelque chose puisqu'un certain nombre de personnes décident de tenter de les éliminer du jeu". "Si on décide de les éliminer, c'est bien qu'ils servent et s'ils servent c'est qu'ils doivent continuer à servir", a-t-il ajouté.

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