A Niamey, l'exposition "Trésors du Niger" met à l'honneur le patrimoine culturel du pays

Cette manifestation présente deux collections privées de bijoux touareg, couvertures tissées, calebasses, talismans et photos.

A Niamey, deux lieux se partagent cette exposition. Le Centre culturel franco-nigérien (CCFN) pour la collection Masnat et le musée national Boubou Hama pour la collection Maridas. Cet événement s'inscrit dans le cadre du sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine (UA) dans la capitale, les 7 et 8 juillet 2019.

L’association Masnat travaille depuis près de 20 ans au développement du département d’Abalak et au bien-être de sa population, à travers une approche globale et multisectorielle. En plus de projets dans les domaines de l’agriculture, l’élevage, l’hydraulique, la sécurité alimentaire et l’éducation, Masnat œuvre pour la préservation du patrimoine culturel.

Cette collection foisonnante, de plusieurs centaines de pièces, a été constituée par Jean Burner (président de cette association en France), lors de plusieurs séjours au Niger, avec l’aide de Mohamed Ibrahim (président de l’association au Niger et aujourd’hui député). Leur rêve s'est concrétisé avec l’ouverture en 2018, à Abalak, d’un musée consacré aux bijoux et à la culture touareg. C’est pour protéger et conserver ce précieux patrimoine, qu’au début des années 2000, cette collection a été rassemblée.

"Dans les années 1998-1999, on s'est rendu compte avec un ami que si on ne faisait pas quelque chose, ce trésor allait disparaître. Les gens amenaient leurs bijoux aux forgerons pour les refondre et en faire d'autres ou vendre l'argent. Ils les revendaient à des prix insignifiants... Donc on a commencé à rassembler, à collecter ces bijoux dans les villages", précise Mohamed Ibrahim.

"Le sommet (UA) est une vitrine politique, mais cette exposition est une vitrine culturelle. (…) On a tendance à enfermer le Niger et cette région dans le carcan jihadiste. Avec cette exposition, on veut montrer que c'est un carrefour culturel et humain et pas un verrou ou une enclave", précise Olivier Lange, le directeur du CCFN.

L’autre volet de l’exposition, situé au musée national, permet d’admirer quelques pièces de la collection personnelle de Maridas de Mariama da Silva Abdou Saleye, descendante de la chefferie de l'Arewa, ancien Etat précolonial, à l'est de Niamey. C’est suite à l’héritage de sa mère, Hadjia Antou Rahamou Toga, qu'elle a commencé une collection il y a 20 ans. Aujourd’hui, la collection comprend plus de 1000 objets et a pour objectif l’ouverture d’un Musée de la Femme et de l’Arewa.

Pour autant, ces deux collections, très différentes sur le fond et la forme, ont des points communs : elles sont toutes deux à la croisée d’histoires personnelles et universelles et révèlent des savoir-faire uniques, menacés.

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L’art de la fonte, du ciselage, du martelage, témoigne du savoir-faire extraordinaire, toujours vivant et sans cesse renouvelé, des artisans bijoutiers touareg. "Chaque bijou est unique, c'est ce qui fait la beauté de l'artisanat touareg. (…) Le ciselage n'est pas le même, la forme ne sera jamais la même!", souligne Mohamed Ibrahim. "TRESORS DU NIGER"
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L’exposition de bijoux est accompagnée de photographies et de dessins, notamment des reproductions d’archives de Suzanne Bernus (ethnologue et africaniste française) et Edmond Bernus (géographe spécialiste des Touareg), ainsi que des clichés du photographe Jean-Marc Durou, qui donnent à voir ces bijoux portés. ISSOUF SANOGO / AFP
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Cet ensemble de parures et amulettes offre un panorama assez complet du répertoire classique de la bijouterie touareg que l’on trouvait au Niger. Les pièces exposées sont principalement réalisées en argent et les plus anciennes ont pu être portées au début du XXe siècle. Ces parures, destinées aux cérémonies ou portées quotidiennement, reflètent une identité forte au sein de laquelle l’élégance est une valeur importante et étroitement liée aux représentations sociales. La géométrie des formes, jouant des vides et des pleins, ainsi que le mouvement des bijoux, renvoient au mode de vie nomade. Aujourd’hui, de tels bijoux sont de moins en moins conservés et souvent confiés à des forgerons pour être fondus et en réutiliser l’argent. ISSOUF SANOGO / AFP
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Au musée Boubou Hama, se trouvent des tentures murales, des couvertures tissées, des vêtements anciens et des objets ayant trait au coton, mais aussi à la décoration des maisons et à l’univers féminin. ISSOUF SANOGO / AFP
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Toutes ces pièces proviennent de la collection Maridas de Mariama da Silva Abdou Saleye. "Chaque pièce a une histoire, c'est l'histoire qui fait la pièce", précise-t-elle. ISSOUF SANOGO / AFP
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