Total veut être leader dans le gaz en Afrique

L\'entrée du siège de Total à La Défense, près de Paris.
L'entrée du siège de Total à La Défense, près de Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

L'entreprise est prête à débourser 8 milliards d’euros pour asseoir sa présence stratégique en Afrique. Il lui faut pour cela acheter les actifs d’Anadarko, société américaine présente en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud. Le géant français deviendrait le second opérateur mondial de gaz naturel liquéfié.

C’est dans le cadre d’un accord avec un autre groupe, Occidental Petroleum, qu’apparaît Total en tant qu’associé. C’est Occidental Petroleum qui, dans la pratique, réalise l’acquisition. "Si elle se réalise, l'acquisition d'Anadarko nous offre l'opportunité d'acquérir un portefeuille d'actifs de classe mondiale en Afrique, ce qui renforcerait notre position de leader parmi les sociétés privées internationales sur le continent", a expliqué le PDG de Total, Patrick Pouyanné dans un communiqué.

C’est notamment dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL) que le groupe français place de grands espoirs. Au Mozambique, l’acquisition d’Anadarko permettrait de prendre une participation de 26,5% dans un projet de GNL dont la production est estimée à 12,8 mégatonnes par an.

Total négocie toujours

L’ensemble des actifs de la société Anadarko représente 1,2 milliard de barils équivalent pétrole dont les trois quarts en gaz. Total, qui négocie toujours, met en avant ses compétences. "Nous pourrions ainsi tirer parti de notre expertise dans le GNL en opérant un projet majeur au Mozambique et dans l'offshore profond au Ghana et nous deviendrions opérateurs d'actifs pétroliers majeurs en Algérie dans lesquels nous sommes déjà partenaires", avance le communiqué.

Selon l’AFP qui cite le cabinet spécialisé Wood Mackenzie, "cette opération établirait confortablement Total comme le deuxième vendeur de GNL au monde parmi les compagnies privées, derrière l'anglo-néerlandaise Shell. En comptant les géants publics du secteur, le groupe français se hisserait à la quatrième position après Qatargas, Shell et le malaisien Petronas."

Total contre Chevron

Mais l’affaire n’est pas encore bouclée. Et pour acheter ces actifs les enchères grimpent. Car un autre géant est sur les rangs, il s’agit de l’américain Chevron. Ce dernier avait dans un premier temps la préférence d’Anadarko. Une offre de rachat "valorisée" de la part d’Occidental Petroleum remet le tandem franco-américain dans la course. Désormais Chevron a jusqu’au 10 mai pour faire une nouvelle offre.

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