Les ravages du cyclone Idai au Mozambique et au Zimbabwe vus d'un satellite

Photo satellite de Beira, seconde ville du Mozambique, prise le 23 mars 2019.
Photo satellite de Beira, seconde ville du Mozambique, prise le 23 mars 2019. (Planet Labs, Inc.)

Le passage d'Idai sur l’Afrique australe, début mars 2019, a fait plus de 700 morts au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi, selon des chiffres cités par l’AFP le 27 mars. Des centaines de personnes sont portées disparues et le bilan des victimes devrait encore monter. Grâce à des photos satellite, franceinfo Afrique vous montre la situation avant et après le drame.

Au seul Mozambique, pays le plus touché, on compterait, selon l’ONU, 1,85 million de sinistrés sur une population de près de 29 millions d’habitants. Entre vents violents et pluies diluviennes, le cyclone a ravagé le 14 mars la ville portuaire de Beira, la seconde du pays avec un demi-million d’habitants. Il a ensuite poursuivi sa route vers le Zimbabwe et le Malawi, noyant tout sur son passage. Des pointes de vent soufflant à 170 km/h ont été observées.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 3100 km² de terres ont été inondés, au plus fort des intempéries. De vastes zones agricoles ont ainsi été touchées et leurs récoltes anéanties : au total, 400 000 ha de productions agricoles ont été détruits au Mozambique, pays à la "pauvreté endémique", selon la FAO, l’organisation onusienne pour l’alimentation et l’agriculture. Nombre de sinistrés ont perdu leur logement et manquent cruellement de nourriture, de médicaments ou d’eau potable. La réouverture de plusieurs axes routiers a permis de commencer à acheminer, par camions, une aide d’urgence aux populations. Les eaux stagnantes, les mauvaises conditions d’hygiène et les difficultés d’approvisionnement en eau potable favorisent les risques de typhus et la prolifération des moustiques vecteurs du paludisme. Des cas de choléra ont déjà été observés. 

Une série de photos, fournies par Planet, fournisseur privé d’imagerie satellite, permet de se faire une idée de l’étendue du drame. On peut ainsi comparer la situation avant et après le passage du cyclone grâce à deux photos prises sous le même angle, mais à des périodes différentes.

Avant et après au Mozambique

Ainsi, sur le district de Buzi (centre sud-est du Mozambique), l’image prise le 12 mars montre un paysage vert. Le 24 mars, entre le tiers et la moitié des terres ont été submergées par les eaux et la boue.

Avant et après au Zimbabwe

Au Zimbabwe, le parc national de Chimanimani (est du pays) est plus montagneux. Les vues satellite, prise les 1er mars et le 20 mars, montrent l’étendue des glissements de terrain. 

"La couleur rouge des traces laissées par le cyclone indique des sols profondément érodés, prompts à céder à l’occasion d’événements pluviométriques intenses. Les glissements initiaux, qui se produisent en général très en hauteur, ont fait céder les sols plus bas, ce qui a amplifié le phénomène. Les débris présents dans les cours des rivières se sont accumulés et sont à l’origine des dégâts en aval. Il convient de noter que la zone a subi des déforestations importantes susceptibles d’expliquer, à cette occasion, l’impact élevé des glissements de terrain", peut-on lire dans un blog (en anglais) rédigé par le vice-chancelier de l’université de Sheffield (Royaume Uni), Dave Petley

"Les tempêtes récentes alertent sur l’avenir des phénomènes tropicaux en Afrique australe, qui risquent de s’intensifier sous l’influence du changement climatique", note Le Monde.

Vous êtes à nouveau en ligne