L'Algérie menace de bloquer la vente d'actifs pétroliers au groupe français Total

Le Pdg de Total Patrick Puyanne a mené une négociation éclair et discrète pour acquérir les actifs africains du groupe pétrolier américain Anadarko. Photo prise le 10 novembre 2018 à Luanda, capitale de l\'Angola.
Le Pdg de Total Patrick Puyanne a mené une négociation éclair et discrète pour acquérir les actifs africains du groupe pétrolier américain Anadarko. Photo prise le 10 novembre 2018 à Luanda, capitale de l'Angola. (RODGER BOSCH / AFP)

Ces actifs, qui correspondent au quart de la production pétrolière algérienne,  appartenaient au groupe américain Anadarko. Ils viennent d'être achetés par Occidental Pétroleum, associé au français Total.

Nouvelles tensions en vue entre Alger et Paris. "L'Algérie empêchera le groupe pétrolier Total d'acquérir les actifs algériens appartenant à l’américain Anadarko", a déclaré le 26 mai le ministre algérien de l'Energie, Mohamed Arkab, cité par l’agence officielle APS.

Total avait annoncé début mai 2019 la signature d'un accord avec l'américain Occidental Petroleum dans le but de racheter, pour un montant de 8,8 milliards de dollars (7,9 milliards d'euros), des actifs pétroliers et gaziers du groupe Anadarko en Algérie, au Ghana, au Mozambique et en Afrique du Sud. 

Une bataille à coups de milliards de dollars

Les géants américains Chevron et Occidental Petroleum étaient engagés dans un bras de fer pour le rachat du groupe pétrolier américain Anadarko. Occidental Petroleum en est finalement sorti vainqueur le 10 mai en acquérant Anadarko pour 57 milliards de dollars, ouvrant la voie à Total pour l’acquisition des actifs d’Anadarko en Afrique, dont l’Algérie.

Nous avons de bonnes relations avec Anadarko et nous ferons tout pour préserver les intérêts de l'Algérie, y compris en utilisant notre droit de préemption pour bloquer la venteMohamed Arkab, ministre algérien de l'Energieà l'AFP

On ne connaît pas les raisons de ce blocage très politique, si ce n'est que certains clans veulent détourner la contestation en cours, en désigant la France comme responsable de tous les maux du pays. D'autant que le groupe pétrolier français est présent sur le sol Algérien depuis des années.

Rien n'est encore définitif et Alger pourrait adoucir sa position, comme l'a laissé entendre le 27 mai, le ministre algérien de l'Energie : "La Sonatrach (compagnie pétrolière publique algérienne, NDLR) cherchera un bon compromis", a-t-il déclaré à la presse à propos de ce dossier, lors d'une visite au gisement de gaz de Tindouf, à 1700 km au sud-ouest de la capitale algérienne.

Anadarko est la plus grande compagnie étrangère présente en Algérie en termes de production pétrolière, représentant 260 000 barils par jour, soit le quart de la production journalière de l’Algérie estimée à un million de barils.

Total s'intéresse au gaz mozambicain

Cependant, selon les experts du secteur, l’actif le plus stratégique dans le package africain acquis par Total n'est pas l'Algérie, mais le projet de gaz naturel liquéfié (GNL) d’Anadarko au Mozambique. Total ambitionne de devenir le premier producteur de gaz en Afrique.

C’est dans ce domaine que le groupe français place de grands espoirs. Au Mozambique, l’acquisition d’Anadarko permettrait de prendre une participation de 26,5% dans un projet de GNL dont la production est estimée à 12,8 mégatonnes par an.

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