Mouvements de panique à Goma, dans l'est du Congo

(Radio France © France Info)

Face à la progression des rebelles, l'armée régulière a quitté la capitale provinciale du Nord-Kivu, Goma. Les habitants, eux aussi, abandonnent la ville, poussés par les dizaines de milliers de réfugiés qui affluent des zones de combats... Pour tenter de calmer les esprits, la rébellion annonce ce soir un cessez-le-feu.

La ville semble comme livrée à elle-même. Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, est en train de se vider de ses habitants. Et de l'armée régulière.
_ Devant la progression des rebelles, l'armée a abandonné Goma. “Il n'y a plus aucun militaire dans la ville”, assure un habitant. Manifestement, les chars de combat des forces gouvernementales, qui reviennent du front, au nord, prennent la direction de Bukavu, la capitale du sud-Kivu.

Les habitants eux-mêmes sont en train de quitter la ville. Selon le gouverneur de la capitale provinciale, Julien Paluku, “les gens sont en débandade et la cité paniquée”. Les bateaux qui relient Goma à Bukavu sont pris d'assaut.
_ Eux fuient l'afflux massifs de réfugiés qui désertent les zones de combats... Selon le gouverneur, les déplacés “se déversent dans la ville créant une panique générale parmi la population”.

Bref, une certaine confusion est en train de gagner l'est de la République démocratique du Congo.
Au moins 45.000 réfugiés, qui ont fui les combats, se sont retrouvés dans la camp de Kibati, à une dizaine de kilomètres au nord de Goma. Avant de fuir à leur tour.
Quant aux militaires de l'ONU, qui s'étaient interposés hier, ils se retrouvent désormais en première ligne, à Goma. Et réclament des renforts.

Pour tenter de calmer les esprits, la rébellion annonce ce soir qu'elle proclame un cessez-le-feu unilatéral.

La situation commence à devenir suffisamment préoccupante, pour que le Conseil de sécurité des Nations-Unies décide de se réunir d'urgence en fin de journée.
_ Sans attendre, la France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, s'est prononcée pour un déploiement militaire européen - jusqu'à 1.500 hommes - pour mettre fin aux violences.

Guillaume Gaven, avec agences