Mauritanie :  le blogueur Ould Mkheïtir "n'a vu le soleil que six fois en cinq ans de prison"

Des manifestants font face à la police anti-émeute, à Nouakchott, le 10 novembre 2017, pour protester contre la décision de la cour d\'appel de Nouadhibou de commuer la peine de mort pour apostasie prononcée contre Ould Mkheitir en deux ans de prison.
Des manifestants font face à la police anti-émeute, à Nouakchott, le 10 novembre 2017, pour protester contre la décision de la cour d'appel de Nouadhibou de commuer la peine de mort pour apostasie prononcée contre Ould Mkheitir en deux ans de prison. (STR / AFP)

Libéré le 29 juillet 2019 après plus de cinq ans de prison, le blogueur mauritanien Ould Mkheïtir est désormais réfugié quelque part en Europe. Lors de son passage par Dakar, il a livré à Amnesty Sénégal un premier témoignage sur sa détention. 

Initialement condamné à mort pour blasphème puis libéré, Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir a trouvé refuge "en Europe" après plus de cinq années de détention, a révélé la branche sénégalaise d'Amnesty International.

"Il faut que je m'adapte à la vie hors de prison"

Remis en liberté le 29 juillet, le blogueur mauritanien de 36 ans, avait quitté le soir même la Mauritanie "pour des raisons de sécurité".

Après une étape de quelques jours au Sénégal, il est "arrivé en Europe pendant le week-end" du 3-4 août a précisé Amnesty Sénégal dans un communiqué, sans dévoiler son pays d'accueil.

"Pendant cinq années de prison, je n'ai vu le soleil que six fois", a déclaré le blogueur, cité par Amnesty. "Tellement de choses ont changé ces cinq dernières années. Il faut encore que je m'adapte à la vie hors de prison", a-t-il ajouté, en indiquant espérer reprendre des études.

Libéré après s'être repenti deux fois

Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheïtir avait été accusé de blasphème, suite à un article dénonçant l'utilisation de la religion pour justifier certaines discriminations dans son pays. Détenu depuis janvier 2014, il avait vu sa condamnation à mort pour "apostasie" ramenée en appel à deux ans de prison en novembre 2017, après avoir exprimé son repentir.

Il aurait donc dû être remis en liberté. Mais il avait été maintenu en détention administrative, pratiquement à l'isolement, jusqu'à sa libération après s'être à nouveau publiquement repenti.

Le nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui a succédé le 1er août à Mohamed Ould Abdel Aziz, "doit garantir que ce qui est arrivé à Ould Mkheïtir n'arrivera plus à personne", a déclaré Kiné Fatim Diop, chargée de campagne en Afrique de l'Ouest pour Amnesty International.

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