Mauritanie : l'opposition dénonce une fraude électorale massive

(Radio France © France Info)

Les bulletins de l'élection présidentielle d'hier n'étaient pas encore tous dépouillés que, déjà, le ministère de l'Intérieur annonçait la victoire éclatante de Mohamed Ould Abdel Aziz, arrivé au pouvoir après un putsch, en août 2008. Du coup, les quatre partis d'opposition font front commun, et dénoncent un "coup d'Etat électoral".

Ce devait être l'élection présidentielle qui réconcilie les Mauritaniens, l'élection qui apaise les tensions. Mohamed Ould Abdel Aziz, le général qui avait pris le pouvoir voici un an, n'avait-il pas démissionné de l'armée, avant d'annoncer la tenue d'élections libres ?
_ Le processus démocratique semblait bien (re)parti. Aucun incident n'a été à déplorer, hier, lors de la journée de vote.

Mais aujourd'hui... tout a changé. Avant même la publication des résultats, l'opposition a dénoncé “des résultats fabriqués à l'avance” . Les quatre candidats principaux de l'opposition parlent de “mascarade électorale qui cherche à légitimer le coup d'Etat”. Et demandent à la communauté internationale une enquête indépendante sur les irrégularités.

L'opposition accuse de fraude massive : “manipulation du fichier électoral”, “corruption généralisée” , et utilisation de faux documents électoraux.

Il faut dire que le ministère de l'Intérieur n'a pas attendu le dépouillement de tous les bulletins pour annoncer la victoire de l'ancien putschiste. Mohamed Ould
Abdel Aziz obtiendrait ainsi 52,2 % des voix, après dépouillement de 61,17 % des bulletins. Une victoire éclatante... sujette à caution.

Guillaume Gaven, avec agences

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