Maroc : nouvelle crispation entre le roi Mohammed VI et le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane

Le roi du Maroc Mohammed VI à l\'inauguration de la gare de l\'Agdal dans la capitale Rabat pour la nouvelle ligne LGV (ligne à grande vitesse), le 17 novembre 2018.
Le roi du Maroc Mohammed VI à l'inauguration de la gare de l'Agdal dans la capitale Rabat pour la nouvelle ligne LGV (ligne à grande vitesse), le 17 novembre 2018. (FADEL SENNA / AFP)

Palpable depuis plusieurs mois, la tension entre Rabat et Riyad est montée d’un cran avec le rappel par le Maroc de son ambassadeur en Arabie Saoudite et la suspension de ses actions militaires au Yémen, au sein de la coalition arabe.

C’est l’agence américaine AP qui a révélé l’affaire, rapportée par des responsables marocains sous couvert d’anonymat et aussitôt relayée par des publications marocaines en ligne.

Une crise passagère dans des relations solides

"Des responsables gouvernementaux ont déclaré que le Maroc avait cessé de prendre part à une action militaire avec la coalition menée par le gouvernement saoudien dans la guerre au Yémen et avait rappelé son ambassadeur en Arabie Saoudite", écrit l’agence AP.

Contacté par le 360, l’ambassadeur du royaume chérifien accrédité auprès du royaume wahhabite a confirmé l’information, tout en précisant qu’une telle pratique est courante dans les relations diplomatiques entre pays.

"Les relations entre le Maroc et l’Arabie Saoudite sont historiques et solides. Et entre les pays, il est normal que des divergences ou des différends éclatent de temps en temps. Je suis sûr qu’il ne s’agit pas plus que d’une crise passagère et que les relations entre nos deux pays retrouveront leur cours normal", a tempéré Moustapha Mansouri.

"Il y a de l’eau dans le gaz entre les deux pays depuis plusieurs mois, plus précisément depuis que le prince héritier Mohamed Ben Salmane a pris les commandes à Riyad", écrit toutefois 360.

La prise de distance du roi Mohammed VI

Le royaume avait déjà boycotté le 23 juin 2018, une réunion des ministres de la communication de la coalition arabe à Jeddah consacrée au moyen de soutenir la "légitimité au Yémen", rappelle de son côté le Desk. Absence remarquée également fin décembre 2018 de la marine royale lors de l’exercice naval "Red Wave One" en mer Rouge.

Une prise de distance du roi Mohammed VI avec la guerre menée par Mohamed Ben Salmane contre les rebelles Houthis au Yémen, dont les premiers signes étaient apparus dès avril 2018 avec le retrait des chasseurs F16 marocains engagés dans le conflit.

Ce changement d’attitude a été confirmé en janvir 2019 par le ministre marocain des Affaires étrangères. Dans un entretien accordé à la chaîne Al-Jazeera, Nasser Bourita a expliqué que la participation du Maroc au Yémen avait changé.

Le dossier épineux du Sahara Occidental

Il a également laissé entendre que Rabat avait de sérieuses réserves sur la récente tournée du prince héritier saoudien, après l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans l’enceinte de l’ambassade saoudienne à Istanbul.

Selon le Desk, le Maroc avait même renoncé à l’accueillir, prétextant un "programme chargé" de Mohammed VI.

En représailles à cet entretien diffusé par la chaîne de télévision du Qatar, en délicatesse avec Riyad, la chaîne de télévision saoudienne a diffusé un documentaire sur le Sahara occidental, un sujet très sensible pour Rabat.

Le commentaire accompagnant le document sur ce territoire contesté explique que "le Maroc l’avait envahi après le départ des colonisateurs espagnols en 1975". Il n’en fallait pas plus pour déclencher la crise diplomatique en cours.

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