Maroc : les diplômés chômeurs malvoyants menacent de procéder à un suicide collectif "dans les prochains jours"

Manifestation à Rabat de chômeurs malvoyants diplômés, le 3 décembre 2007.
Manifestation à Rabat de chômeurs malvoyants diplômés, le 3 décembre 2007. (ABDELHAK SENNA / AFP)

Désespérant de trouver du travail, des diplômés malvoyants et non-voyants au chômage ont prévenu, dans un communiqué, de leur intention de mener "un sacrifice collectif dans les prochains jours".

"Nous espérons que cela servira les futures générations et améliorera leurs conditions de vie dans ce pays", écrit la Coordination nationale du mouvement dans un communiqué posté sur les réseaux sociaux (lien en arabe).

Ce geste irréparable, ce "sacrifice collectif", serait selon l’association l’ultime réponse à l’exclusion sociale, la perte de dignité et à des conditions de vie déplorables. Ecartés du marché du travail à cause de leur handicap, ces chômeurs disent avoir épuisé tous les autres moyens de protestation, "un combat vain mené depuis 2011 pour avoir nos droits et être intégrés dans le milieu professionnel en quête d’une vie digne".

Le message est pris très au sérieux. D'autant plus que la presse marocaine rappelle qu’en mai 2016, des dizaines de malvoyants chômeurs de la Coordination nationale des diplômés malvoyants avaient tenté de commettre un suicide collectif devant le ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social. Ils s’étaient enchaînés, aspergés d’essence et avaient tenté de s’immoler par le feu. Ils n’avaient eu la vie sauve que grâce à la rapide intervention de la protection civile présente sur les lieux. En octobre 2018, l’un d’eux avait trouvé la mort, en chutant du toit du même ministère, lors d’un sit-in.

Le chômage ne cesse de progresser ces dernières années au Maroc. Selon les données du Haut-commissariat au plan publiées en 2018, le pays a enregistré à la fin 2017 un taux de chômage de 10,2% contre 9,9% l’année précédente. Les jeunes âgés de 15 à 24 ans sont les plus touchés (26,5%), avec un taux qui culmine à 42,8% en milieu urbain.

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