Maroc: l'avenir du Sahara occidental divise le continent africain

Une femme réfugiée sahraouie devant sa tente dans le camp de Dakhla\'s près de Tindouf (sud de l\'Algérie) le 15 Avril 2008
Une femme réfugiée sahraouie devant sa tente dans le camp de Dakhla's près de Tindouf (sud de l'Algérie) le 15 Avril 2008 (Photo Reuters/Joe Penney )

C’est un conflit presque oublié. Le Sahara occidental, sous administration marocaine depuis 40 ans, ne suscite plus la passion en Afrique. A l’exception notable de l’Algérie et de ses alliés, plusieurs Etats ont même cessé de réclamer l’indépendance de cette ancienne colonie espagnole, riche en phosphate et peut-être en pétrole. Ils ont rejoint Rabat qui prône une large autonomie de ce territoire.

Le roi Mohamed VI l’a encore martelé le 6 Novembre 2014 : «le Sahara occidental restera dans le Maroc jusqu’à la fin des temps » Un message destiné à l’ONU et à tous ceux qui rêvent encore d’un Sahara Occidental indépendant. Un territoire de 267000 Km2. Presque la moitié de la superficie du Maroc.

Il y a quelques années, ces propos auraient suscité une vague de réprobation  au sein des instances de l’Union africaine qui compte parmi ses membres, la République arabe sahraouie démocratique. Mais il n'en a rien été.
 
Camp sahraoui détruit par les forces de sécurité marocaines près de Laayoune. Les affrontements ont fait plusieurs morts en Novembre 2010
Camp sahraoui détruit par les forces de sécurité marocaines près de Laayoune. Les affrontements ont fait plusieurs morts en Novembre 2010 (Photo Reuters)

La lutte menée par les indépendantistes sahraouis s’est essoufflée au profit de l’offensive diplomatique menée par le Maroc sur le continent. Rabat a vivement bataillé pour faire accepter son plan d'une large autonomie en lieu et place de l’indépendance de ce territoire qu’il occupe depuis 1975.
 
Pour la Côte d’Ivoire, le Sahara est marocain
La question du Sahara a même coûté son poste à l’ambassadeur de Côte d’Ivoire à l’ONU, Youssoufou Bamba. Il a été limogé début mars 2015 en raison d’une prise de position contraire à la politique de son gouvernement. Le diplomate ivoirien aurait affirmé que le Sahara occidental est le «dernier territoire non autonome d' Afrique».

Les divergences africaines sur la question ont encore éclaté au grand jour lors des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU à New York en octobre 2014. Comme la côte d’Ivoire, d’autres pays africains ont choisi la carte marocaine. Ils soutiennent désormais le plan d’autonomie du Sahara avancé par Rabat. C’est le cas du Gabon, du Cameroun, de la Guinée, du Sénégal et du Burundi. Une option totalement rejetée par l’Algérie et la plupart des pays de l’Afrique australe.
 
Femmes réfugiées sahraouies dans un camp près de la ville de Laayoune en Novembre 2010
Femmes réfugiées sahraouies dans un camp près de la ville de Laayoune en Novembre 2010 (Photo Reuters/Youssef Boudlal)

«Le dernier vestige colonial en Afrique»
 Parmi les soutiens fidèles à la cause sahraouie et au combat du Front polisario, on peut citer l’Afrique du Sud, le Zimbabwé, la Zambie, la Tanzanie, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, l’Angola, ainsi que l’Ethiopie et le Nigéria. Pour eux, le Sahara Occidental est le dernier territoire africain sous domination coloniale.
Ils rappellent régulièrement que la Cour internationale de justice a rejeté les prétentions territoriales du Maroc sur le Sahara dès 1975.
 
L’Afrique est plus que jamais divisée sur la façon de régler ce conflit qui dure depuis 40 ans. C’est dire la difficulté pour l’envoyé spécial de l’Union africaine pour le Sahara Occidental. La nomination à ce poste de l’ancien président mozambicain Joachim Chissano a été aussitôt rejetée par Rabat mais saluée par l’Algérie et la République arabe sahraouie démocratique.
 
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