Ethiopie : libération d’un Libano-Gabonais mystérieusement arrêté pour liens présumés avec le Hezbollah

Un avion d\'Ethiopian Airlines sur le tarmac de l\'aéroport international d\'Addis-Abeba Bole, en Ethiopie, le 28 novembre 2017.
Un avion d'Ethiopian Airlines sur le tarmac de l'aéroport international d'Addis-Abeba Bole, en Ethiopie, le 28 novembre 2017. (GIOIA FORSTER / DPA)

Appréhendé lors d’une escale à l’aéroport d’Addis-Abeba le 7 septembre, l’homme d’affaires Hassan Jaber a été libéré une semaine plus tard par les autorités éthiopiennes sans aucune explication.

En route pour Beyrouth, l’homme d’affaires Hassan Jaber, titulaire de la double nationalité libanaise et gabonaise, avait été mystérieusement appréhendé le 7 septembre 2019 lors d’une escale à l’aéroport d’Addis-Abeba. Originaire de Nabatiyyé au Sud-Liban, l'homme, qui possède un concasseur, des bulldozers et des excavatrices en service au Gabon, n’avait pu rejoindre ce jour-là sa correspondance pour la capitale libanaise où sa famille l’attendait.

La famille soupçonne un rôle israélien dans cette "disparition"

Sa famille a attendu l'après-midi du 8 septembre pour s’assurer qu’il n’avait pas pris un autre vol, avant de signaler "sa disparition". Selon le récit fait au journal Al Akhbar, proche du parti chiite libanais du Hezbollah, par un cousin qui l’accompagnait, Hassan Jaber a été appréhendé avant de monter dans la navette qui devait le conduire à l’avion.

Pour la famille qui cite des sources éthiopiennes non officielles, l’homme d’affaires qui voyageait avec son passeport gabonais a été emmené par quatre personnes qui l’attendaient à l’aéroport. "Nous soupçonnons un rôle israélien dans cette affaire", ont affirmé ses proches rappelant un épisode de décembre 2017 au cours duquel "les services de renseignement gabonais l’avaient arrêté et prévenu qu’il était sous surveillance et que tous ses mouvements étaient connus".

A l’époque, il projetait de s’installer en Afrique du Sud pour y monter une usine de jus de fruits mais avait changé d’avis et décidé de rester au Gabon. Après sa disparition à l’aéroport d'Addis-Abeba, les autorités gabonaises ont entrepris d’œuvrer à sa libération. "Nous avons demandé à notre ambassadeur en Ethiopie de faire jouer la protection consulaire due à tout citoyen gabonais", a raconté à RFI Alain Claude Bilie By Nze, le ministre gabonais des Affaires étrangères. "Cela a été fait et ce monsieur est rentré à Libreville, a-t-il indiqué, ajoutant : Nous allons nous-mêmes mener une enquête pour savoir ce qui lui est reproché exactement."

Arrêté pour des liens présumés avec le parti chiite libanais du Hezbollah

Selon des sites d’informations israéliens, Hassan Jaber aurait été arrêté en raison de ses liens avec le parti chiite libanais pro-iranien du Hezbollah, explique RFI. Dans la foulée, la radio française internationale rapporte un démenti d'Imad Jaber, frère de l’homme d’affaires et président de la communauté libanaise au Gabon. "D'après des informations que nous avons pu obtenir de lui, ce sont les agents du Mossad (services secrets israéliens) qui l’ont interrogé, a-t-il affirmé. Ce qui est sûr et certain, c’est que si mon frère avait des relations ou bien finançait le Hezbollah, je ne pense pas que le parti l'aurait laissé voyager ni que les agents qui l’ont interrogé laissé repartir."

Libéré par les autorités éthiopiennes à la suite de contacts établis par le ministère des Affaires étrangères, la sûreté générale et des députés libanais ainsi que par des instances officielles gabonaises, Hassan Jaber devait reprendre son périple vers Beyrouth après son retour à Libreville.

En l’absence d’explication d’Addis-Abeba, le journal Al-Akhbar et RFI ont tous les deux établi un parallèle avec l’affaire de Kassem Tajeddine. Un homme d’affaires libano-congolais de 63 ans appréhendé le 15 mars 2017 sur mandat d’Interpol lors d’une escale à l’aéroport de Casablanca au Maroc.

Considéré comme un important contributeur financier du parti de Dieu libanais, Tajeddine avait été placé en 2009 sur la liste noire américaine des personnes finançant le terrorisme. Depuis, il a été extradé aux Etats-Unis où il a été condamné à cinq ans de prison et au versement d’une amende de 50 millions de dollars.

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