Une fillette opérée à cœur ouvert à Bamako, une première au Mali

Lors de l\'opération à cœur ouvert d\'une fillette de 6 ans atteinte d\'une malformation cardiaque, à Bamako (Mali), le 10 septembre 2018.
Lors de l'opération à cœur ouvert d'une fillette de 6 ans atteinte d'une malformation cardiaque, à Bamako (Mali), le 10 septembre 2018. (SEBASTIEN RIEUSSEC / AFP)

Jusqu’à présent, ce type d’opération nécessitait une évacuation à l’étranger. Agée de 6 ans, la petite fille était atteinte d'une malformation cardiaque.

Il s'agit d'une première au Mali où ce type d'opérations nécessitait jusqu'à présent une évacuation à l'étranger. Une fillette de 6 ans atteinte d'une malformation cardiaque a été opérée à cœur ouvert avec succès lundi 10 septembre à Bamako, rapporte l'AFP.

"Je suis très contente de pouvoir être opérée, je serai comme mes autres camarades, je vais pouvoir travailler, me marier", a confié la petite Fanta Diarra avant son opération, réalisée par le professeur Olivier Baron, du centre hospitalier universitaire de Nantes (Loire-Atlantique), assisté du jeune chirurgien malien Baba Ibrahima Diarra.

"Je suis très heureuse que ma fille soit opérée au Mali", explique sa mère, Aminata Ba. Lorsque l'opération se déroule en France, "l'enfant part seule, ni la maman ni le papa ne l'accompagne, alors qu'ici je serai là et je pourrai assister à tout." La fillette était atteinte d'une communication intra-auriculaire, une affection cardiaque diagnostiquée alors qu'elle était âgée de 3 mois.

Objectif : "Etre totalement autonome"

Six ans plus tard, elle a été opérée par une équipe franco-malienne au centre André-Festoc, nouvelle unité de soins cardiopédiatriques ouverte par l'association La Chaîne de l'espoir au sein du centre hospitalier mère-enfant Le Luxembourg de Bamako. Cette unité, répondant aux normes internationales, a bénéficié d'une donation de 2 millions d'euros d'un mécène français, André Festoc.

La petite Fanta fait partie des 2 500 enfants atteints d'une affection cardiaque en attente d'une opération au Mali, dont une cinquantaine devraient être opérés d'ici à la fin décembre dans ce nouveau centre. "C'est une chirurgie nouvelle au Mali. Du personnel médical au personnel paramédical, on a tous besoin d'être accompagné dans un premier temps. L'objectif final, c'est d'être autonome avec le temps, d'être totalement autonome", a souligné le Dr Baba Ibrahima Diarra.

"Pour nous, c'est un grand jour, c'est le premier cœur ouvert, mais derrière, il y a des centaines et des centaines d'enfants qui attendent", a expliqué à Bamako le professeur Alain Deloche, chirurgien cardiaque et fondateur de La Chaîne de l'espoir, créée en 1988 sous l'égide de l'ONG Médecins du monde. "Dès demain, nous entrons dans la deuxième phase de l'activité, la formation. Je vois bien dans le regard des jeunes chirurgiens maliens quelque chose qui ressemble à de la fierté", s'est-il réjoui.

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