Présidentielle au Mali : un président de bureau de vote tué par des jihadistes présumés

Un bureau de vote à Bamako (Mali), le 12 août 2018.
Un bureau de vote à Bamako (Mali), le 12 août 2018. (HAMDIA TRAORE / ANADOLU AGENCY / AFP)

Les jihadistes "ont molesté tout le monde" pour interdire "le vote", a assuré  un élu local. Les groupes jihadistes ont qualifié "d'illusion" cette élection. 

Le président d'un bureau de vote encadrant la tenue du second tour de l'élection présidentielle au Mali a été tué par balles, dimanche 12 août, par des hommes armés au sud-ouest de Tombouctou, dans le nord du pays, ont indiqué des sources sécuritaires et un élu local.

"Des jihadistes sont venus vers 13h30 [15h30, heure de Paris] dans un bureau de vote d'Arkodia", une localité située à quelque 100 km au sud-ouest de Tombouctou, dans une zone régulièrement visée par des attaques de groupes islamistes, a indiqué un élu local. "Ils ont demandé à tout le monde de lever les mains", a-t-il ajouté.

Le président du bureau de vote a voulu fuir. Les jihadistes ont tiré sur lui et l'ont tué.un élu localà l'AFP

"Ils ont interdit le vote"

"Ils ont molesté tout le monde. Ils ont interdit le vote", a-t-il poursuivi. Les groupes jihadistes, chassés en 2013 de cette région par une intervention militaire française, avaient qualifié "d'illusion" cette élection. 

Lors du premier tour le 29 juillet, quelque 3% des 23 000 bureaux de vote étaient restés fermés en raison de violences, empêchant près de 250 000 Maliens de se rendre aux urnes, surtout dans le Centre et le Nord. Pour éviter une répétition de cette situation, quelque 36 000 militaires maliens, soit 6 000 de plus qu'au premier tour, ont été mobilisés pour sécuriser le scrutin.

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