Présidentielle au Mali : la menace jihadiste pourrait dissuader les électeurs

Image de Bamako (Mali), le 26 juillet 2018, avant l\'élection présidentielle. 
Image de Bamako (Mali), le 26 juillet 2018, avant l'élection présidentielle.  (NATHANAEL CHARBONNIER / FRANCE-INFO)

Dimanche 29 juillet, les Maliens voteront pour le premier tour d'une élection présidentielle sous tension, en raison notamment de la menace jihadiste toujours présente. 

Ce dimanche 29 juillet, huit millions de Maliens sont appelés aux urnes pour désigner leur président. Au total, 24 candidats se présentent, parmi eux, le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta. 

Cinq ans après son arrivée au pouvoir, celui qu'on appelle IBK, a décidé de se représenter. À l’époque, la France venait de ramener la paix dans le pays avec l’opération Serval lancée par François Hollande, l’ancien président Français. 

(NATHANAEL CHARBONNIER / FRANCE-INFO)

Après les opérations Serval et Barkhane, la menace est toujours là

L’insécurité au Mali est une réalité, mais le pire, c’est qu’elle avance à la façon du sable qui progresse dans le désert. L’insécurité était au nord avec les jihadistes qui attaquent les villages ou commettent des attentats. Elle touche désormais le centre du pays. Mais à la simple guerre s’ajoute également des conflits entre différentes ethnies, notamment entre les Peuls et les Dogons.

Sur le terrain, la situation se dégrade pour tout le monde, notamment les ONG. Petit à petit, elles ne peuvent plus intervenir et doivent laisser leur place aux militaires et aux milices mais sous conditions. "Cela nous inquiète que les mécanismes normaux d'aide aux populations vulnérables se retrouvent instrumentalisés à d'autres fins", regrette Tidiane Fall, le directeur d'Action contre la faim au Mali

Le concept humanitaire est de venir aider les gens sans contrepartie. Que cela soit utilisé moyennant une acceptation d'une stratégie militaire, ou autres, visent d'autres objectifs qui ne sont pas qu'humanitaires.Tidiane Fallà franceinfo

À Bamako (Mali), le 26 juillet 2018, les affiches des candidats à l\'élection présidentielle sont collées un peu partout.
À Bamako (Mali), le 26 juillet 2018, les affiches des candidats à l'élection présidentielle sont collées un peu partout. (NATHANAEL CHARBONNIER / FRANCE-INFO)

Les jihadistes s'infiltrent dans la société dans le nord et le centre du pays

Ce qui est valable pour les ONG, l’est également dans d’autres domaines. Dans celui de la justice par exemple, les jihadistes s’infiltrent aussi. Fini le temps où de nombreux litiges étaient réglés par les chefs de village, par la musique des griots, ou l’avis des cadis, genre de juges locaux.

"On a des griots, des chefs de villages ou des cadis dans certaines localités qui ont depuis un certain temps géré pas mal de conflits. Mais il se trouve qu'aujourd'hui, il y a une sorte de méfiance vis à vis de ces mécanismes-là", racontre Drissa Traoré, le coordinateur de la Fédération Internationale des droits de l’Homme. "S'il se trouve que les cadis sont proches d'un groupe armé, s'ils doivent rendre la justice ça va être compliqué", conclut-il.  

Les jihadistes prennent de plus en plus la place de l’État dans le nord et le centre du Mali, là ou l’insécurité progresse. Il sera intéressant de voir si les électeurs de ces régions se déplaceront, ou non, pour aller voter dimanche.

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