"Nous avons un président qui triche" : au Mali, l'opposition redoute la fraude lors de la présidentielle

Des Maliens dans un bureau de vote, lors de l\'élection présidentielle de 2013
Des Maliens dans un bureau de vote, lors de l'élection présidentielle de 2013 (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Les Maliens sont appelés aux urnes dimanche pour le premier tour de l'élection présidentielle. Le président Ibrahim Boubacar Keïta est candidat à sa propre succession. Les 23 autres concurrents craignent la fraude. 

Cinq ans après sa victoire à l'élection présidentielle au Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, surnommé IBK, brigue un second mandat. Le premier tour a lieu dimanche 29 juillet. Huit millions de Maliens sont appelés à voter dans 23 000 bureaux. Les 23 adversaires d'IBK s'inquiètent de possibles cas de fraude.

Des soupçons de fraude avec un fichier d'électeurs parallèle

Au prix de longues heures de négociation menées jusqu'à samedi entre les candidats et les autorités, le gouvernement a plié et accepté d'encadrer de façon plus stricte la question des votes par procuration. Un 'ouf' de soulagement certes mais qui n'efface pas toutes les craintes. Soumaïla Cissé, le principal rival du président Keïta, a révélé l’existence d’un fichier d’électeurs parallèle qui disposerait de 200 000 électeurs de plus. Il ne mâche pas ses mots : "Nous avons un Président qui triche, un gouvernement qui triche. Il faut que l'opinion publique le sache et qu'elle en tire les conséquences".

C'est une démocratie que nous voulons construire, c'est une République que nous voulons consolider. Ça se fait sur la vérité et pas sur le mensongeSoumaïla Cisséà franceinfo

Le principal opposant au pouvoir en place poursuit : "Je pense que cette fraude sur les fichiers, c'est la goutte d'eau. Cela montre que le gouvernement et le Président ont perdu pied. Il sait qu'il ne peut pas gagner normalement. Alors qu'est-ce qu'il fait ? Il essaie de frauder".

Malgré les accusations, les craintes et les risques de fraude, l’élection aura bien lieu car personne n’a voulu prendre le risque d’une annulation. Oumar Mariko, candidat du parti Sadi (Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance), assume son choix. "Mais une chose est claire : je ne m'attends pas à ce que les élections soient transparentes, qu'elles soient crédibles et que tout le monde puisse aller voter", regrette-t-il. 

Ce candidat à la présidentielle malienne rappelle que le Mali a "obtenu la démocratie en 1991 au prix du sang". A l'époque, la dictature du lieutenant Moussa Traoré est renversée. "Nous attendons que chacun joue son rôle : le gouvernement organise les élections et les candidats mobilisent les citoyens pour que nous puissions avoir des résultats qui répondent à la mobilisation des citoyens".

Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle sont attendus dans le courant de la semaine.

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