Mali : rapts et violences à une semaine de la présidentielle

Des soldats de l\'ONU patrouillent dans les rues de Kidal, dans le nord du Mali, le 17 juillet 2013.
Des soldats de l'ONU patrouillent dans les rues de Kidal, dans le nord du Mali, le 17 juillet 2013. (REUTERS)

Le processus électoral est menacé dans le Nord Mali.

Cherche-t-on à faire dérailler l'élection présidentielle du 28 juillet au Mali dans la dernière ligne droite ? Pour un fonctionnaire du ministère de la Sécurité interrogé par l'AFP, la réponse est évidente. A une semaine du scrutin, les rebelles touareg laïcs du MNLA chercheraient à empêcher qu'il se déroule dans le calme dans le nord du pays qu'ils contrôlaient, il y a peu encore.

Samedi 20 juillet, six personnes ont été enlevées par des hommes armés à Tessalit, dans la région de Kidal (nord-est),  un bastion touareg. Et pas des quidams : cinq agents électoraux et un élu local qui distribuaient des cartes d'électeurs. Pour ce responsable, pas de doute, "tout porte à croire que c'est un coup du MNLA qui ne veut pas d'élection". Il n'est pas le seul à le penser. Un responsale administratif a glissé à l'AFP que "les enlèvements (...) ont été organisés par des éléments du MNLA. Nous sommes formels sur ce point". Finalement, ils ont été libérés dimanche, mais le climat reste tendu.

Quatre morts dans des violences

Le Mouvement national de libération de l'Azawad avait repris le contrôle de Kidal en février 2013. Dans une position ambigüe après avoir conquis le Nord Mali avec les islamistes en mars avant d'en être évincés, ils ont su s'allier avec la France pour partager leur préciseuse connaissance du terrain dans la traque menée contre les jihadistes. L'organisation a alors profité du départ des islamistes pour occuper la place vide. Par la suite, les rebelles touareg ont longtemps refusé la présence de l'armée et de l'Administration maliennes à Kidal. Mais ils ont été contraints, sous la pression internationale et en particulier française, de lui faire une place pour organiser l'élection présidentielle à laquelle Paris tient coûte que coûte.

Après deux semaines de négociations tendues, émaillées de combat sur le terrain entre indépendantistes et armée malienne, les rebelles ont dû signer un accord à Ouagadougou, le 18 juin, qui doit permettre l'organisation du scrutin. Acceptant d'organiser ces élections dans leur région, ils renoncent en creux à revendiquer l'autonomie de la région. Mais à écouter ces responsables maliens, ce ne serait qu'une façade.

De plus, ces enlèvements surviennent au lendemain de violences à Kidal entre Touareg et Noirs. Entre jeudi soir et vendredi quatre personnes ont été tuées et plusieurs blessées, selon le gouvernement malien. Des boutiques ont été pillées et saccagées, le marché de la ville a été incendié. Le calme est revenu samedi matin dans la ville, mais peu d'habitants osaient mettre le nez dehors. Le 17 juillet, un des candidats, Tiébilé Dramé, artisan de l'accord de paix entre Bamako et les groupes armés touareg, a dénoncé les conditions de préparation du scrutin avant d'annoncer son retrait de la course en signe de protestation. Bref, alors que la campagne bat son plein à Bamako, ces violences font planer le doute sur la possibilité d'organiser dans une semaine le premier tour de l'élection présidentielle à Kidal.

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