Mali : le chef putschiste Sanogo désigné président de transition par ses partisans

La garde présidentielle intervient lors d\'une manifestation le 21 mai 2012 à Bamako (Mali), alors qu\'un accord vient d\'être signé entre la junte et la Communauté économique des Etats d\'Afrique de l\'Ouest pour désigner Dioncounda Traoré comme président de transition. 
La garde présidentielle intervient lors d'une manifestation le 21 mai 2012 à Bamako (Mali), alors qu'un accord vient d'être signé entre la junte et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest pour désigner Dioncounda Traoré comme président de transition.  (HABIBOU KOUYATE / AFP)

Ce poste est déjà occupé par Dioncounda Traoré, blessé lundi à Bamako par des partisans du coup d'Etat du 22 mars. 

Un fauteuil pour deux. Les partisans du capitaine Amadou Haya Sanogo, auteur du coup d'Etat du 22 mars au Mali qui a renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT), l'ont désigné président de transition dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 mai. Or cette fonction est déjà assurée par l'ancien président de l'Assemblée nationale sous ATT, Dioncounda Traoré.

Nommé lundi à la suite d'un accord entre la junte et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), Traoré a été blessé le même jour dans son bureau à Bamako par des partisans du coup d'Etat.

Missions : reconquérir le nord du Mali et organiser des élections

Réunis depuis lundi dans la capitale malienne en "convention", les membres de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam, pro-putsch) ont nommé le capitaine Sanogo à la tête du pays, indiquant dans une résolution que sa "mission prioritaire" serait "le recouvrement de l'intégrité du territoire avec l'ensemble de l'armée, du peuple malien et des pays amis épris de paix". Sanogo sera ensuite chargé d'organiser, avec "une administration neutre et impartiale, les élections transparentes et crédibles", selon le texte.

Le coup d'Etat du 22 mars a précipité la chute du nord du Mali, contrôlé depuis près de deux mois par des groupes armés, dont des islamistes. 

Cette nomination est "une plaisanterie" pour un pro-Traoré

Le capitaine Sanogo n'a pas réagi mercredi matin à la décision de ses partisans de le nommer en lieu et place de Dioncounda Traoré. La résolution de la Copam "en appelle" au "sens civique élevé et patriotique" de Traoré pour qu'il se retire.

Aucune personnalité politique importante n'a assisté à la "convention" des pro-putsch. Cette désignation est "tout simplement une plaisanterie", a pour sa part estimé Abdoulaye Kanté, un des dirigeants de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma) de Dionconda Traoré, principale formation politique du front anti-putsch.

"Le ridicule ne tue pas, a-t-il commentéIl y a un président de la transition, il est connu, c'est Dioncounda Traoré."

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