Mali : le président Traoré "tabassé" par des manifestants à son bureau

Dioncounda Traoré, président par intérim du Mali, assiste à une réunion de la Cédéao à Dakar (Sénégal) le 3 mai 2012.
Dioncounda Traoré, président par intérim du Mali, assiste à une réunion de la Cédéao à Dakar (Sénégal) le 3 mai 2012. (SEYLLOU / AFP)

Président par intérim de ce pays en crise depuis le putsch du 22 mars, Dioncounda Traoré a été blessé par des manifestants. Il est sorti de l'hôpital.

Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a été agressé et blessé lundi 21 mai dans son bureau près de Bamako (Mali) par des manifestants opposés à son maintien au pouvoir, après un accord avec les auteurs du coup d'Etat du 22 mars.Cet accord doit lui permettre de diriger dès mardi une transition d'un an. Son agression a eu lieu en marge d'un rassemblement organisé par plusieurs associations favorables au coup d'Etat du 22 mars ayant renversé le président Amadou Toumani Touré, dit ATT.

Il "a été tabassé et blessé" par de nombreux manifestants qui ont réussi à pénétrer dans son bureau du Secrétariat général de la présidence, près du palais présidentiel, et "il a été transporté à l'hôpital", a déclaré un journaliste malien qui était présent sur les lieux. Dioncounda Traoré a été admis aux urgences, et son Premier ministre Cheick Modibo Diarra et d'autres personnalités se sont immédiatement rendus à son chevet. Selon un infirmier, il présentait "une blessure au visage et une au dos".

"Il a passé un scanner qui a révélé qu'il n'y a pas de lésion grave", a déclaré plus tard le médecin qui s'est occupé de l'examen. Le président par intérim a ensuite quitté l'hôpital à bord d'une voiture vers un lieu "sécurisé".

350 000 Maliens ont fui le Nord

Depuis sa prise de fonction et la nomination de son Premier ministre, le Mali est resté en proie à la crise née du putsch qui a accéléré la chute du nord du pays aux mains de divers groupes armés dominés par des islamistes, dont le mouvement Ansar Dine et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Bien qu'ayant accepté de rendre le pouvoir aux civils par un accord avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) signé le 6 avril, l'ex-junte militaire ne s'était jamais véritablement retirée de la scène politique.

Si, en dépit du traumatisme qu'il vient de subir, Dioncounda Traoré accepte de poursuivre sa mission, il sera chargé d'organiser des élections d'ici un an. Il devra surtout tenter de résoudre la crise dans le Nord où, selon l'ONU, près de 350 000 personnes ont fui depuis mi-janvier leurs domiciles pour se réfugier à l'intérieur du Mali ou dans des pays voisins.

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