Mali : la Grande mosquée de Djenné se refait une beauté et entre dans la modernité

La Grande mosquée de Djenné au centre du Mali, classée patrimoine mondial par l\'UNESCO, le jour de la cérémonie annuelle de crépissage, le 28 avril 2019.
La Grande mosquée de Djenné au centre du Mali, classée patrimoine mondial par l'UNESCO, le jour de la cérémonie annuelle de crépissage, le 28 avril 2019. (MICHELE CATTANI / AFP)

Plusieurs milliers d'habitants de Djenné au Mali ont participé le 28 avril 2019, à la cérémonie annuelle de crépissage de la Grande mosquée classée au patrimoine mondial. Nouveauté importante, elle sera désormais alimentée en électricité d'origine solaire.

Commencé avant l'aube, le crépissage du bâtiment, un chef-d’œuvre de l'architecture soudano-sahélienne et l'un des plus grands monuments en terre du monde, s'est achevé dès 9h (heure locale et GMT) grâce à la participation de toute la population de la ville, en effervescence.

Un crépissage annuel avec du banco

Visages et vêtements couverts de boue, les jeunes de la ville s'en sont donné à cœur joie pour renouveler le revêtement du monument. La bâtisse la plus célèbre du Mali est située sur une éminence, au centre de la cité baignée par le Bani, un affluent du fleuve Niger, à environ 500 kilomètres de la capitale Bamako.

Un homme transporte le banco, mélange de terre et d\'eau avec du son de riz, du beurre de karité et de la poudre de baobab, pour le revêtement annuel de la Grande Mosquée de Djenné dans le centre du Mali, le 28 avril 2019.
Un homme transporte le banco, mélange de terre et d'eau avec du son de riz, du beurre de karité et de la poudre de baobab, pour le revêtement annuel de la Grande Mosquée de Djenné dans le centre du Mali, le 28 avril 2019. (MICHELE CATTANI / AFP)

Ce crépissage annuel avec du banco, un savant mélange de terre et d'eau, avec du son de riz, du beurre de karité et de la poudre de baobab, fabriqué par les habitants, permet de protéger la mosquée des intempéries avant la saison des pluies, parfois violentes.

"La mosquée de Djenné est un symbole de cohésion sociale puisque chaque année, l'ensemble de la communauté participe aux travaux d'entretien, facteur de lien intercommunautaire et expression du savoir vivre-ensemble", a expliqué le maire de Djenné, Balassiné Yaro.

"Aujourd'hui, c'est un grand jour car cela n'arrive qu'une seule fois par an. Nous le considérons comme une grande fête et ça implique tout le monde : les vieux, les jeunes, les enfants", s'est félicité Alpha Moye Diakité, l'imam de la mosquée.

Un patrimoine mondial menacé par l'insécurité

Conformément à la tradition, une cérémonie de bénédiction a suivi le crépissage. Mais cette année, la modernité a accompagné la tradition, avec l'adjonction d'un système d’alimentation de la grande mosquée en électricité, obtenue à partir de l'énergie solaire.

Plusieurs milliers d\'habitants de la ville historique de Djenné, au centre du Mali, ont pris part le 28 avril 2019 à la cérémonie de crépissage annuel de la Grande mosquée.
Plusieurs milliers d'habitants de la ville historique de Djenné, au centre du Mali, ont pris part le 28 avril 2019 à la cérémonie de crépissage annuel de la Grande mosquée. (MICHELE CATTANI / AFP)

La ville de Djenné, qui compte une trentaine de milliers d'habitants et qui a préservé ses maisons traditionnelles en banco, est inscrite depuis 1988 par l'Unesco sur la liste du patrimoine mondial.

Elle a aussi été placée en 2016 sur la liste du patrimoine en péril, en raison de sa situation dans une région affectée par l'insécurité, le Mali étant aux prises avec une insurrection des groupes islamistes radicaux.

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