Mali. La France juge "inéluctable" une intervention militaire

Un défilé militaire de l\'armée malienne, le 22 septembre 2010.
Un défilé militaire de l'armée malienne, le 22 septembre 2010. (SIA KAMBOU / AFP)

Paris soutiendra une intervention armée de forces africaines mais n'en prendra pas l'initiative, a affirmé le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian.

AFRIQUE - La France interviendra-t-elle pour épauler le Mali face à la progression des islamistes ? Une première réponse a été donnée, samedi 4 août, par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : Paris soutiendra une intervention armée de forces africaines mais n'en prendra pas l'initiative, a-t-il affirmé, tout en jugeant cette intervention "inéluctable".

 

"La France n'a pas à prendre une initiative militaire au Mali", dont le nord est aux mains des islamistes armés, a déclaré à quelques journalistes M. Le Drian, en marge d'une visite au festival interceltique de Lorient. "Elle souhaite que ce soient les forces africaines, en particulier celles de la Cédéao [Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest] et éventuellement de l'Union africaine, qui prennent l'initiative, c'est le sens de la résolution qui a été votée par le Conseil de sécurité". Mais une intervention militaire africaine est "souhaitable et inéluctable", a-t-il insisté. "La France la soutiendra et je l'espère, l'Union européenne aussi".

"Eviter un 'Sahélistan'"

 

La situation dans le nord du Mali est "très préoccupante", a jugé M. Le Drian. "Il faut éviter par tous les moyens que cette partie du Mali devienne un 'Sahélistan', et les ingrédients sont en train de se rassembler pour qu'elle le devienne", a-t-il dit, faisant un parallèle avec l'évolution de l'Afghanistan.

Tombé fin mars aux mains de groupes armés, le nord du Mali est désormais contrôlé par des mouvements islamistes armés alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Le président François Hollande avait estimé le 14 juillet qu'il revenait aux Africains de "déterminer" quand et comment intervenir militairement dans le nord du Mali, tout en promettant la "solidarité" aux pays concernés. La Cédéao est disposée à envoyer une force de quelque 3 300 soldats pour aider l'armée malienne à reconquérir le Nord. Mais elle attend un mandat du Conseil de sécurité de l'ONU et demande un appui logistique notamment à la France et aux Etats-Unis.

Vous êtes à nouveau en ligne