Mali : un groupe rebelle touareg annonce la fin de ses opérations

Des combattants de la rébellion touareg du MNLA. Image transmise le 2 avril par ces derniers.
Des combattants de la rébellion touareg du MNLA. Image transmise le 2 avril par ces derniers. (MNLA / AFP)

Le MNLA, l'un des principaux mouvements d'insurgés, arrête ses opérations à compter de jeudi minuit, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU appelle à un cessez-le-feu.

Ils sont l'un des principaux groupes rebelles à s'être emparé de la moitié nord du Mali. Le Mouvement national de libération de l'Azawad (région du nord du Mali) "décide unilatéralement de proclamer la fin des opérations militaires à compter de jeudi minuit", selon un communiqué mercredi 4 avril.

Le MNLA est un mouvement laïque et séparatiste. Il revendique l'indépendance de l'Azawad, région désertique considérée comme un des berceaux des Touareg. Il était considéré comme le principal adversaire des autorités maliennes. A la faveur du putsch militaire qui a déstabilisé le pays et avec la participation des islamistes touareg d'Ansar Dine et d'éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), il s'est facilement emparé de trois grandes villes du Nord (Kidal, Gao, Tombouctou), scindant, de fait, le pays en deux. Il semble toutefois qu'Ansar Dine et Aqmi aient maintenant pris le dessus sur le MNLA.

Fortes pressions de l'ONU

La décision du MNLA de cesser son offensive a été prise à la "suite de la libération complète du territoire de l’Azawad et compte tenu de la forte demande de la communauté internationale, notamment du Conseil de sécurité de l'ONU, des Etats-Unis, de la France ainsi que des Etats de la sous-région", explique le communiqué. Le MNLA "invite en conséquence les Etats de la sous-région et la communauté internationale à garantir le peuple de l’Azawad contre toute agression du Mali", conclut le communiqué, signé depuis Gao.

Dans une déclaration proposée par la France, les 15 membres du Conseil de sécurité ont demandé à "cesser immédiatement toute violence et à rechercher une solution pacifique par un dialogue politique", et "condamné fermement les attaques, les pillages et la confiscation de territoire auxquels (ils) se livrent". La montée en puissance des islamistes, qui ont annoncé leur intention d'imposer la charia dans leur zone, a suscité l'inquiétude au sein de la communauté internationale, en particulier de la France. Elle a obtenu mercredi le vote d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Les membres du Conseil se sont "inquiétés de la présence dans la région du groupe terroriste Aqmi", ce qui pourrait "déstabiliser encore davantage la situation".

Violations des droits de l'homme

Depuis Bamako, la junte du capitaine Amadou Sanogo, qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré, a dénoncé "de graves violations des droits de l'homme" dans le nord, et plus particulièrement à Gao, depuis "l'invasion des combattants MNLA, Ansar Dine et Aqmi""Les femmes et les filles sont enlevées puis violées par les nouveaux occupants qui y dictent leur loi."

"C'est une réalité, ici. La nuit, ils enlèvent des femmes, ils les emmènent, ils les violent", a confirmé à l'AFP un habitant de Gao, assurant avoir connaissance d'une "dizaine de cas au moins". Le nord du Mali est aujourd'hui devenu totalement inaccessible à la presse et aux organisations internationales. De nombreux habitants ont fait état de saccages et de pillages à Gao et Tombouctou. Quelque 90 000 personnes déplacées qui se trouvaient à Gao, Tombouctou et Kidal, sont "sans assistance", selon Caritas international.

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