Mali : l'armée renforce la sécurité à Gao et craint les attaques kamikazes

Un convoi militaire français circule dans la région de Gao (Mali), le 7 février 2013.
Un convoi militaire français circule dans la région de Gao (Mali), le 7 février 2013. (PASCAL GUYOT / AFP)

Deux jeunes hommes, qui portaient des ceintures d'explosif, ont été arrêtés ce matin a proximité de cette ville du nord du pays.

Les groupes islamistes armés n'ont pas affronté frontalement les soldats français et maliens. En revanche, ils semblent avoir opté pour les attentats suicides et la pose de mines sur les routes. Deux jeunes portant des ceintures bourrées d'explosifs ont ainsi été arrêtés samedi 9 février à 20 kilomètres au nord de Gao, au lendemain du premier attentat suicide au Mali, survenu dans cette même ville située à 1 200 km au nord-est de Bamako. 

Deux jeunes arrêtés avec des ceintures d'explosif

"Nous avons arrêté tôt aujourd'hui deux jeunes, un Arabe et un Touareg. Ils avaient une ceinture d'explosifs et ils étaient sur le dos de deux ânes", a déclaré à l'AFP Oumar Maïga, le fils du chef du village local. Ils ont été arrêtés sur la route menant à Bourem et à Kidal, à 20 km de l'entrée nord de Gao, où un homme s'est fait exploser vendredi dans un attentat suicide visant des militaires maliens, blessant légèrement l'un d'entre eux.

Cet attentat, survenu dans cette ville reprise le 26 janvier aux islamistes, a été revendiqué par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), l'un des groupes armés qui occupait depuis des mois le nord du Mali. 

La sécurité renforcée

Depuis l'attentat de vendredi, Gao semble en état de siège, indique l'AFP. Soldats et gendarmes maliens se sont affairés à renforcer les postes aux entrées de la ville, y empilant des sacs de sable. Des arbres ont été rasés pour améliorer la visibilité et les patrouilles ont été doublées. Chaque cargaison entrant dans la ville est par ailleurs fouillée, alors que les menaces de nouvelles attaques sont prises au sérieux. 

"Dès qu'on sort de plus de quelques kilomètres de Gao, c'est dangereux, a confié à l'AFP un officier malien. On peut se faire tirer dessus". Et pour cause, plusieurs des villages entourant Gao sont acquis à la cause des islamistes, selon des sources militaires, française et maliennes. 

Des mines ont par ailleurs été découvertes sur les routes aux alentours de la ville. Ce type de dispositif a causé la mort de quatre civils maliens mercredi. Le lendemain, le Mujao avait dit avoir créé "une nouvelle zone de conflit", promettant d'attaquer des convois, de poser des mines et "d'organiser des kamikazes".

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