Mali : situation explosive à Kidal, l'armée prête à reprendre la ville

Des soldats maliens en position à Gao, au Mali, le 13 avril 2013.
Des soldats maliens en position à Gao, au Mali, le 13 avril 2013. (JOEL SAGET / AFP)

L'armée malienne est en route vers cette ville occupée par des rebelles touareg, qui menacent de réagir.

Opération reconquête. L'armée malienne s'est rapprochée mardi 4 juin de Kidal , dans le nord-est du Mali, pour tenter de reprendre le contrôle sur cette ville aux mains de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA). Un grand nombre de soldats lourdement armés sont arrivés à Anefis, à 150 km au nord de Gao et à 200 km au sud de Kidal, où la situation était très tendue.

Kidal, une ville hors de contrôle à reconquérir

Les jihadistes liés à Al-Qaïda ont été chassés de Kidal après l'intervention de l'armée française, aidée par d'autres armées africaines en janvier. Mais cette ville de 50 000 habitants reste hors de contrôle des autorités maliennes. Elle est occupée par la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), un groupe séparatiste armé. Des soldats français, dont l'intervention a permis le retour de cette rébellion touareg avec laquelle ils collaborent, sont basés à l'aéroport de Kidal.

Le refus du MNLA de toute présence de l'armée malienne à Kidal compromet la mise en place de l'élection présidentielle, qui doit se tenir au Mali à la fin du mois de juillet. "L'armée malienne n'a pas de rôle à jouer dans le système électoral et dans les élections présidentielles", a ré-affirmé samedi le porte-parole du MNLA. Depuis mardi 28 mai, des représentants des deux parties négocient à Ouagadougou avec le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur pour l'Afrique de l'Ouest, pour tenter de trouver une issue pacifique à cette crise. "Si nous sommes attaqués (à Kidal), ce sera la fin des négociations et nous irons jusqu'au bout du combat", a prévenu mardi le vice-président du MNLA, Mahamadou Djeri Maïga.

Regain de violences dangereux

La reconquête de Kidal débute dans un contexte très tendu. Mardi, la ville a été le théâtre d'un attentat-suicide commis au domicile  d'un chef militaire du MNLA, connu sous le prénom de Malick. Un kamikaze s'est fait exploser, sans faire d'autres victimes.

Dans le même temps, le régime malien accuse depuis samedi le MNLA de pratiquer l' "épuration raciale" à Kidal après l'expulsion de membres des communautés noires vers Gao. Le ministre malien des Affaires étrangères, Tièman Coulibaly, estime qu'une "bonne centaine" de personnes ont été arrêtées par les Touareg. Le MNLA dément et assure avoir recherché des éléments "infiltrés" envoyés par les autorités maliennes dans la ville. Le mouvement séparatiste affirme avoir arrêté plusieurs dizaines de personnes, dont un officier malien. Ces événement ont précipité l'agenda selon Tièman Coulibaly. "L'armée va marcher sur Kidal", a-t-il prévenu dès lundi.

 L'armée se met en ordre, le MNLA menaçant

"Pour le moment, il s'agit d'aller à Anefis en vue de préparer l'entrée à Kidal", a expliqué mardi le porte-parole de l'armée, Souleymane Maïga. Il n'a pas souhaité préciser le nombre de soldats engagés et a juste évoqué quatre "groupements tactiques interarmes" mobilisés et "redéployés dans d'autres secteurs stratégiques" afin "de resserrer le dispositif autour de Kidal".

Le vice-président du MNLA, Mahamadou Djeri Maïga, a estimé que l'armée malienne devrait assumer "toute la responsabilité des conséquences de ses actes". "Si le Mali veut en découdre avec nous, si le Mali veut prendre Kidal par la force, nous demandons aux forces impartiales de ne pas nous aider, de ne pas non plus aider le Mali, de rester neutres et de nous laisser faire", a-t-il ajouté en référence aux forces françaises et africaines présentes dans le nord du Mali. Il a indiqué que son mouvement demandait à Blaise Compaoré et à la communauté internationale "d'intervenir pour amener le Mali à la raison".

La France ne fait pas état de son implication dans la reconquête de Kidal. Le porte-parole de l'état-major de l'armée française, le colonel Thierry Burkhard, a déclaré de Paris n'avoir "aucune information" sur des mouvements de troupes maliennes vers Kidal. "On n'a pas un Français derrière toutes les opérations de l'armée malienne", a-t-il ajouté.

 

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