Mali : coup de projecteur sur la Minusma, qui entame son 6e mandat

Des soldats norvégiens de la Minusma en poste dans un camp de Bamako, au Mali, le 31 mai 2019.
Des soldats norvégiens de la Minusma en poste dans un camp de Bamako, au Mali, le 31 mai 2019. (JUNGE, HEIKO / NTB SCANPIX MAG)

Créée en 2013, la mission tente depuis six ans d'assurer le maintien de la paix au Mali, dans un contexte de recrudescence de la violence. 

L'explosion d’un véhicule de la Minusma à Kidal (nord-est du pays), le 10 juillet 2019, a fait plus de peur que de mal. Mais l'attaque démontre, si besoin en était, la récurrence des violences terroristes dans la région ces derniers mois. L'ONU, qui a récemment insisté sur "la nécessité de progrès urgents dans la mise en œuvre d'un accord de paix au Mali", vient ainsi, le 28 juin dernier, de reconduire la mission multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) jusqu'en juin 2020.  

La Minusma en quelques chiffres

Son nom nous est familier, mais la réalité qu'elle recouvre l'est un peu moins. La Minusma, ce sont : 

- 55 pays contributeurs
- 13 300 soldats et 2000 policiers mobilisés
- 13 sites d'intervention différents, répartis au nord, est et ouest du Mali
- 123 morts et 358 blessés graves depuis le début de la mission parmi ses soldats.

Cette opération militaire internationale, créée par résolution de l'ONU le 25 avril 2013, a pour but de rétablir et maintenir la paix au Mali, en appuyant la mise en œuvre d'accords de paix dans le pays. Elle a pris le relais de la Misma, mission militaire régionale créée en 2012, alors sous commandement de la Cédéao et de l'Union africaine. 

Nord du Mali, entre instablité politique et sécuritaire

Avec 12 millions d'habitants et un territoire deux fois plus grand que la France, le Mali est le théâtre de conflits récurrents depuis 2012, en particulier dans le nord traversé par le Sahara et le Sahel, difficilement contrôlable. L'armée malienne s'y oppose notamment depuis maintenant 7 ans au Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, représenté par une partie des rebelles touaregs) et au mouvement salafiste Ansar Dine. Alors que le MNLA revendique l'autodétermination et l'indépendance de l'Azawad, ce que refuse le gouvernement malien, le mouvement Ansar Dine souhaite, lui, l'instauration d'une République islamique avec l'application de la Charia.

Des soldats nigériens de la Minusma portent les cercueils aux couleurs de l\'ONU de neufs soldats à Bamako, le 7 octobre 2014.
Des soldats nigériens de la Minusma portent les cercueils aux couleurs de l'ONU de neufs soldats à Bamako, le 7 octobre 2014. (HABIBOU KOUYATE / AFP)

Face à ces enjeux, la communauté internationale est intervenue en 2013 avec un double objectif : aider à stabiliser la région en luttant contre les mouvements terroristes au Sahel, et accompagner le Mali dans son processus de paix. Depuis 2015 et la signature de l'Accord pour la Paix et la Réconciliation, la Minusma vise également à soutenir les réformes politiques et institutionnelles du pays.

Un mandat renouvelé jusqu'en juin 2020

La récente augmentation des attaques jihadistes et les violences communautaires dans le centre du Mali a poussé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à demander le redéploiement de la Minusma et le renouvellement de son mandat. Pour le Secrétaire général des Nations unies, l’effort sécuritaire des troupes de la mission doit se concentrer autour de Mopti, où les tensions communautaires s’aggravent et les attaques terroristes se multiplient.

L'ONU a par ailleurs demandé à la Minusma de redéfinir ses priorités en matière de ressources et d'efforts pour se concentrer sur les tâches politiques et son soutien au rétablissement de l'autorité de l'Etat au Centre du Mali.

Et l'Europe, dans tout ça ?

Les pays européens ne se pensant pas comme une puissance militaire unie, chaque Etat s'est investi de manière autonome au sein de la Minusma. Parmi la vingtaine de pays européens engagés aujourd'hui dans la Minusma, figurent notamment la Belgique, l'Autriche, la France, la Norvège, l'Espagne, la Bosnie-Herzégovine, l'Italie et la Roumanie.

La France a salué le 28 juin dernier le renouvellement du mandat de la mission et rappelé son soutien à l'action des Casques Bleus. Présente au Mali depuis 2013 à travers l'opération Barkhane (relais de l'opération Serval), elle agit conjointement avec la Minusma et a aidé à la mise en place rapide de cette dernière. Par ailleurs, la France vient également d'annoncer la mise en sommeil de sa base au Niger, dans le but de concentrer ses forces sur le Mali.

Quant au Royaume-Uni, il a annoncé le 9 juillet le maintien de sa présence au Mali pour six mois supplémentaires. "Il est juste que nous prolongions notre engagement dans l'opération anti-terroriste au Mali, Burkina Faso et Niger. En apportant un soutien essentiel à nos partenaires français, nos forces armées aident à construire la stabilité", a expliqué la ministre de la Défense Penny Mordaunt, dans un communiqué publié sur le site internet de son ministère.

Depuis juillet 2018, le Royaume-Uni a déployé au Mali trois hélicoptères et une centaine d'hommes. Il prévoit d'y rester jusqu'en juin 2020. 

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