Mali. A Kidal, la France "en bonne intelligence" avec les Touareg

Des membres du groupe Ansar Dine à Kidal, en août 2012.
Des membres du groupe Ansar Dine à Kidal, en août 2012. (ROMARIC OLLO HIEN / AFP)

Contrairement à Gao et Tombouctou, la ville n'est pas tenue par des jihadistes liés à Al-Qaïda, mais par des Touareg qui disent vouloir trouver "une solution politique".

Gao et Tombouctou avaient été reprises très rapidement et presque sans résistance, les islamistes préférant fuir devant l'avancée des forces françaises et maliennes. A Kidal, dernière ville du Nord du Mali tenue par des groupes armées, la France semble opter pour une autre stratégie.

Après s'être emparée de l'aérodrome de cette ville située à 1 500 km de Bamako, la capitale, l'armée française doit tenir compte de la situation particulière de Kidal. La ville est en effet tenue non pas par des jihadistes liés à Al-Qaïda, mais par les autonomistes touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et des islamistes dissidents du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA). Deux groupes qui assurent rejeter le "terrorisme" et prônent une "solution politique" au conflit malien.

"Kidal n'est pas un sanctuaire pour terroristes"

"Nous sommes dans une situation particulière à Kidal et nous faisons en sorte d'avoir des relations de bonne intelligence avec les Touareg", a déclaré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Autre signe d'ouverture envers ces groupes du Nord : les soldats français sont seuls à avoir pris position sur l'aérodrome de Kidal, où ils sont pour l'instant bloqués par une tempête de sable. Sans l'armée malienne qui les accompagnait systématiquement jusqu'à présent.

Les rebelles du MIA avaient justement lancé un appel mercredi pour que "l'armée malienne et les forces de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) ne pénètrent pas sur le territoire de l'Adrar des Ifoghas (région de Kidal) avant qu'une solution politique ne soit trouvée".

Le MIA, issu d'une scission avec le groupe Ansar Dine (allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique) estime avoir "donné les preuves de son engagement à coopérer avec la France, puisque les forces françaises sont entrées à Kidal sans qu'aucun coup de feu ne soit tiré". La preuve, selon le groupe, que Kidal "n'est pas un sanctuaire pour terroristes".

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