Mali : 400.000 déplacés au bord de la famine

Cette petite fille de deux ans a fui vers Bamako avec sa famille élargie en avril 2012 pour échapper aux combats à Gao, où son père avait été tué par les rebelles.
Cette petite fille de deux ans a fui vers Bamako avec sa famille élargie en avril 2012 pour échapper aux combats à Gao, où son père avait été tué par les rebelles. (HCR/H. Caux)

La situation militaire au Mali semble se stabiliser. Pour autant, les populations sont loin d'avoir repris une vie normale. Plus de 400.000 habitants du nord ont fui leur maison. Et pour eux, il est encore trop tôt pour envisager un retour. Or les conditions de vie des réfugiés et des déplacés sont plus que précaires.


Ils ont fui vers la Mauritanie ou le Niger pour se protéger des combats ou de la pénurie des biens et des services dans le nord du pays. Ils seraient 160.000 installés dans les pays limitrophes. Mais la majorité des exilés du nord a trouvé refuge dans le sud du pays. On estime à 250.000 le nombre de ces déplacés. Exilés ou déplacés, leurs conditions de vie sont plus que précaires.

D'autant que cet exode massif impacte les régions d'accueil. Ainsi les villes de Sévaré et Mopti ont vu affluer 40.000 déplacés, désorganisant ainsi les modestes services publics comme l'école, et menaçant le fragile équilibre économique de ces villes.
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (Hcr) tente, dans l'urgence, d'aider ces familles. Mais seulement 2% d'un budget estimé à 373 millions de dollars ont été mobilisés.
 
Quant au retour, il n'est pas pour demain. Certains déplacés sont refroidis par les rumeurs de destruction dues à la guerre, venues du nord. D'autres, d'origine arabe ou touareg, craignent la stigmatisation que subissent les deux ethnies, jugées responsables de la guerre.
Le HCR va devoir s'installer dans la durée, et réclame des moyens pour faire face.
 
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