Journalistes tués au Mali : un Touareg soupçonné d'avoir planifié l'enlèvement a été identifié

Des soldats maliens approchent de Kidal, dans le nord du Mali, le 26 juillet 2013.
Des soldats maliens approchent de Kidal, dans le nord du Mali, le 26 juillet 2013. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Il s'appelle Bayes Ag Bakabo. Il est le propriétaire de la voiture qui a servi à l'enlèvement, selon une source sécuritaire malienne proche de l'enquête.

L'enquête progresse pour déterminer qui se cache derrière la mort des deux journalistes de RFI au Mali. Un Touareg soupçonné d'avoir "planifié" l'enlèvement, le 2 novembre à Kidal (nord-est du Mali), a été formellement identifié, selon des sources sécuritaires maliennes et régionales.

Cet homme est le propriétaire de la voiture qui a servi à l'enlèvement. "Nous avons informé la France de l'identification formelle du propriétaire du véhicule des ravisseurs. Il s'agit de Bayes Ag Bakabo, un Touareg", a précisé à l'AFP une source sécuritaire malienne proche de l'enquête. Son complice, dont le nom n'a pas été communiqué, "est de la famille de Hama Lamine Sall, de nationalité mauritanienne, et dont la mère est touareg". "Nous sommes sur leur trace", a-t-elle ajouté.

Il voulait se racheter auprès d'Aqmi

Selon cette source, Bayes Ag Bakabo appartient à "la même tribu" qu'Ambéry Ag Rhissa, un responsable de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) à Kidal, que les deux journalistes venaient juste d'interviewer. C'est devant le domicile d'Ambéry Ag Rhissa qu'ils ont été enlevés, avant d'être tués moins de deux heures plus tard à une dizaine de kilomètres de la ville. Une source militaire africaine à Kidal, également proche de l'enquête, a confirmé cette information, en précisant que "Bayes Ag Bakabo s'est recyclé un moment dans le MNLA" après son engagement avec Aqmi.

Selon Europe 1, l'homme cherchait à se racheter auprès d'Aqmi avec qui il était en disgrâce après avoir volé de l'argent à l'organisation. Apprenant la présence des journalistes français le 2 novembre dans la région de Kidal, le jihadiste aurait alors contacté son supérieur, Abdelkrim Al-Targui, un cadre d'Aqmi. Toujours selon Europe 1, les deux hommes auraient alors passé un marché : Bayes Ag Bakabo propose de voir sa dette effacée, en échange des deux Français.

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