VIDEO. Depuis les attentats de 2015, "ce qui a été perdu, c'est l'idée de la paix durable", estime François Hollande

FRANCEINTER / RADIOFRANCE

La "menace lointaine" est devenue une réalité, explique l'ancien président. Si la guerre contre le terrorisme n'est pas gagnée, il ne faut pas perdre espoir ni oublier les batailles remportées sur le terrain par les soldats, les policiers et les gendarmes, souligne-t-il.

Cinq ans après les attentats du 13 novembre 2015, "ce qui a été perdu, c'est l'idée de la paix durable", a déclaré François Hollande, invité de France Inter vendredi. "C'est l'idée que l'on était finalement protégés de tout", ajoute-t-il. "Le pays a aussi des séquelles psychologiques", estime l'ancien chef de l'État pour qui "c'est un souvenir très proche". "Pour l'essentiel, nous étions en sécurité par rapport à une menace qui était lointaine. Mais là, c'était un terrorisme qui, on le sentait bien, était installé pour durer", se souvient François Hollande.

Depuis cette époque, "bien que des batailles ont été remportées, la guerre n'a pas été encore gagnée" contre l'État islamique, constate l'ancien chef de l'État. "Des coups sérieux sont portés contre le terrorisme islamiste", affirme-t-il, citant la mort du chef d'Al Qaïda au Mali, tué par l'armée française.

Ce n'est pas parce que nous sommes encore attaqués sur notre propre sol qu'il faudrait perdre cette conscience-là. La bataille que nous avons engagée il y a déjà longtemps, elle est pour partie gagnée.

François Hollande, ex-président de la République

à France Inter

L'ex président de la République salue "les soldats français qui ont frappé un coup sérieux", mais aussi "les policiers et les gendarmes", car "il ne faut jamais oublier le combat de nos soldats, comme ici sur notre propre sol".

"Renforcer le dispositif de surveillance" sur notre sol, "être ferme à l'égard du pouvoir malien"

Sur le projet de loi contre le séparatisme préparé par le gouvernement actuel, l'ancien président de la République estime qu'il faut appliquer "ce qui existe". Quand il était au pouvoir, François rappelle qu'il a "fait voter trois lois contre le terrorisme, une loi sur le renseignement". Il y a cependant de dispositions à prendre sur trois sujets, estime François Hollande : "Premièrement, c'est le cyber terrorisme. Deuxièmement, c'est le suivi des radicalisés et notamment sur Internet. Et enfin, c'est la question des terroristes qui ont été condamnés, qui sont en fin de peine". Il invite le gouvernement à "renforcer le dispositif de surveillance".

François Hollande recommande également d'"être intraitable avec le terrorisme" mais aussi "extrêmement ferme à l'égard du pouvoir malien". Il dénonce "l'idée que l'on pourrait avoir des négociations avec ceux-là mêmes que l'on cherche à frapper", et estime que ces contacts sont "un manquement par rapport aux engagements qui avaient été pris au moment du départ de cette opération" au Mali.

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