Libération de Sophie Pétronin : une opération contrôlée par les djihadistes

Le grand nord malien est une région complexe où sévit la guérilla djihadiste. Il est souvent très compliqué de se rendre dans la région. Décryptage avec le correspondant de France 24, Wassim Nasr.

Après avoir interrogé le chef du conseil consultatif d'AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique) en mai 2019, le journaliste Wassim Nasr avait eu l'information selon laquelle les djihadistes voulaient bien libérer Sophie Pétronin, non pas contre une rançon, mais contre la "libération des nôtres des prisons de Bamako (Mali)", disait-il. C'est ce qu'il semble s'être passé. Sophie Pétronin a profité de la dynamique de la libération de Soumaïla Cissé qui avait démarré en avril dernier. "Le poids politique de Soumaïla Cissé a permis de faire aboutir ces négociations, sachant qu'elles ont commencé sous l'ancien gouvernement, mais que les intermédiaires n'ont pas changé en cours de route", fait savoir Wassim Nasr.

Pas que des djihadistes

Son transfert avait commencé depuis samedi 3 octobre, mais il y a eu un blanc de 24 heures le 7 octobre. "On ne savait plus ce qu'il se passait, ni de par les convoyeurs, ni de par les djihadistes ou les autorités", révèle Wassim Nasr. Il y a finalement un retard de rotation dans le transfert des détenus ; les djihadistes avaient demandé trois jours pour pouvoir mettre à l'abri les têtes d'affiche libérées", explique Wassim Nasr. "Parmi ces libérés, il n'y avait pas que des djihadistes. Il y avait des personnes qui pivotaient autour, fournissaient de l'eau, du gasoil. La majorité ne sont pas djihadistes mais il y a quelques vraies têtes d'affiche parmi ceux condamnés au Mali ou dans des pays en Afrique", ajoute le journaliste.

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