Dans Gao en proie aux attaques des jihadistes

Des rebelles du Mujao en faction à Gao le 7 août 2012.
Des rebelles du Mujao en faction à Gao le 7 août 2012. (AFP)

Loïc de La Mornais, grand reporteur à France 2, a participé au prix Bayeux en 2013, avec un reportage réalisé en février de la même année, durant la guerre au Mali. Pour Géopolis, il revient sur le contexte du tournage.


Depuis avril 2012, les jihadistes se sont emparés de tout le nord du Mali. Gao est devenue la quasi capitale des groupes islamistes. La charia y a été instaurée. Le stade transformé en «cour de justice».

Janvier 2013, c’est la fameuse opération Serval. La France intervient au Mali pour en chasser les islamistes. Officiellement, elle n’est là qu’en soutien à l’armée nationale. Des propos qui ne font illusion qu’à la télé malienne.

La reconquête est rapide. Et la France soucieuse de ne pas trop irriter les pays musulmans cherche à remettre l’armée malienne au plus vite au premier plan.
La voici donc confrontée à la sécurisation des villes reprises. Un gros travail, car l’ennemi est encore puissant.

Le 21 février 2013, une équipe de France 2 est à Gao. Loïc de La Mornais, Annie Tribouart et Ludovic Lavieille vont assister à une attaque des islamistes.

Le témoignage de Loïc de La Mornais
«Ce matin-là, nous sommes réveillés par des tirs provenant du centre ville. En convoi de quelques voitures, nous partons au cœur des affrontements. Dix jours après une première attaque sur le commissariat de Gao, les djihadistes sont revenus. Encore plus nombreux. Encore plus déterminés. Retranchés d'abord dans la mairie et le palais de justice, ils font face à l'armée malienne qui les encercle. Une armée nombreuse mais insuffisamment préparée.

Les tirs de l'armée malienne, approximatifs, nous semblent parfois encore plus dangereux que ceux des islamistes. Le champ de bataille se déplace, nous nous sentons pris dans une nasse. Armes lourdes, RPG, Kalachnikovs, les combats sont très violents. L'armée française arrive à la rescousse. Nous nous replions dans une petite rue avec les autres confrères, non sans avoir communiqué notre position à l'armée française.

Précaution utile: un tir d'hélicoptère de missile hot passe au-dessus de nos têtes quelques minutes plus tard pour achever la résistance. Il aura fallu une journée entière de combats et près de mille hommes pour venir à bout de la détermination et du jusqu'au-boutisme... d'une trentaine d'islamistes.»
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