Ce que la prise d'otages en Algérie change dans le conflit au Mali

Des soldats français à Bamako (Mali), le 16 janvier 2013.
Des soldats français à Bamako (Mali), le 16 janvier 2013. (ISSOUF SANOGO / AFP)

L'intervention au Mali s'internationalise car les otages sont de diverses nationalités. Paris doit demander cet après-midi l'aide d'autres pays dans la bataille contre les rebelles islamistes.

La guerre au Mali a pris une nouvelle dimension internationale depuis la prise d'otages sur un site gazier en Algérie, mercredi 16 janvier. En effet, les assaillants menés par Mokhtar Belmokhtar, l'un des chefs historiques d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), réclament "l'arrêt de l'agression" au Mali, condamnant "la croisade menée par les forces françaises". Francetv info revient sur ce que cet événement change dans le conflit malien.

L'Algérie impliquée malgré elle

Les assaillants disent avoir mené cette opération parce que l'Algérie a autorisé le survol de son territoire par des avions de l'armée française en route vers le Mali. "Cette attaque n'est pas seulement un avertissement aux pays occidentaux, mais aussi à l'Algérie qui a ouvert son espace aérien à l'aviation militaire française", a commenté Chafik Mesbah, ex-officier de l'armée algérienne, dans une interview au quotidien Echorouk publiée jeudi.

"C'est un coup dur pour l'Algérie. L'objectif pourrait être celui d'entraîner l'Algérie dans la guerre engagée par la France au Mali", écrit le quotidien francophone Liberté.

Le conflit s'internationalise

Invité des "4 Vérités" sur France 2, jeudi 17 janvier, Pierre Servent, journaliste spécialisé dans les questions de sécurité, a souligné que les groupes affiliés à Al-Qaïda étaient en quête du plus grand écho médiatique possible lors de leurs actions. Selon lui, "les preneurs d'otages cherchent à internationaliser le conflit malien".

France 2

De fait, les islamistes "lancent un défi majeur aux Occidentaux en attaquant une société britannique [BP] et en capturant des Américains et Européens", écrit Le Figaro. Certains pays ont déjà fait savoir qu'ils allaient apporter leur soutien à la France, comme l'Espagne. Mais cette aide est limitée. Par exemple, Madrid va simplement autoriser Paris à utiliser ses bases aériennes.

La France doit demander, jeudi, l'aide d'autres pays dans la bataille contre les rebelles islamistes au Mali, où elle est pour l'instant la seule puissance occidentale engagée aux côtés des Africains. Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réunissent à Bruxelles en conseil extraordinaire pour adopter un plan d'action sur le Mali.

Mais d'autres pays hors Union européenne se manifestent déjà. "Les propositions d'aide affluent de tous les continents", assure-t-on jeudi dans l'entourage de François Hollande, qui a notamment reçu une proposition de soutien du Premier ministre canadien mercredi soir.

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