A Bamako, la communauté française "déterminée à continuer à vivre"

Des soldats maliens patrouillent, samedi 7 mars 2015, devant La Terrasse, un restaurant où cinq personnes ont été tuées dans un attentat, à Bamako (Mali).
Des soldats maliens patrouillent, samedi 7 mars 2015, devant La Terrasse, un restaurant où cinq personnes ont été tuées dans un attentat, à Bamako (Mali). (HAROUNA TRAORE / AP / SIPA)

Un attentat revendiqué par un groupe jihadiste a fait cinq morts, dont un Français, dans la capitale malienne, dans la nuit de vendredi à samedi.

"Choqués, mais pas étonnés." Française expatriée à Bamako (Mali), Hélène N'Diaye, contactée par francetv info, résume ainsi le sentiment de la communauté française, après l'attaque terroriste qui a fait cinq morts, dont un Français, dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 mars. Un attentat revendiqué par le groupe jihadiste Al-Mourabitoune dans un message qui fait notamment allusion aux caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo.

"Aujourd'hui, les gens sont tristes, on est dans une phase de condoléances, pour les victimes de toute nationalité d'ailleurs", raconte cette conseillère consulaire, qui habite la capitale malienne depuis plus de dix ans. Un Belge et trois Maliens font également partie des victimes de l'attaque, qui visait un restaurant très fréquenté par les Européens.

"Montrer qu'ils ne nous font pas peur"

Hélène N'Diaye estime qu'une telle attaque était prévisible à Bamako, et ne constate pas de panique chez les expatriés français habitant la capitale, où aucun Occidental n'avait jusqu'alors trouvé la mort dans un attenat : "Les gens restent vigilants, mais la vie continue." Un signe marquant, selon elle : aucune famille n'aurait renoncé à rentrer au Mali après les vacances scolaires, qui prenaient fin dimanche. Les portes des écoles, collèges et lycées français devraient rouvrir dans deux jours, le temps de mettre en place un dispositif de sécurité.

Cette confiance affichée est aussi un message qu'elle veut envoyer aux terroristes : "On veut toucher à une certaine façon de vivre, à la liberté, à la démocratie... Tout le monde est d’autant plus déterminé à continuer de vivre comme il le souhaite." Une attitude partagée par le patron libanais de La Terrasse, l'établissement ciblé vendredi, à en croire une des amies du restaurateur : "Il m'a dit : 'Dès que j'ai l'autorisation d'ouvrir à nouveau, j'ouvre. Même si c'est pour un seul client, il faut montrer [aux terroristes] qu'ils ne nous font pas peur.'"

"Pas plus en sécurité" à Paris qu'à Bamako

Cette amie, une Française installée depuis 15 ans à Bamako et contactée par francetv info, ne partage pas la confiance du patron. "Depuis la fusillade, je ne suis pas sortie, je suis les recommandations de l'ambassade", explique-t-elle. Son association a annulé la sortie culturelle qu'elle devait organiser cette semaine, et elle-même préfère ne pas être nommée dans cet article, "par prudence". Elle ne fait pas confiance aux autorités maliennes pour garantir la sécurité des Occidentaux : "Bamako est une vraie passoire. N'importe qui peut y entrer."

En 2013, avant l'intervention militaire française, quand les groupes armés islamistes approchaient de la capitale, "mon mari et moi avions préparé nos valises", confie-t-elle. Aujourd'hui, même si un départ lui "arracherait le cœur", elle place sa sécurité avant tout. Mais, depuis que l'Etat islamique a désigné les Occidentaux comme cibles, elle s'interroge : "Est-on en sécurité quelque part dans le monde ?" Après tout, les jihadistes "ont fait plus de victimes à Paris qu'à Bamako"

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