Burundi : le président dépose sa candidature à un troisième mandat malgré les manifestations

Le président burundais Pierre Nkurunziza, le 4 juin 2014 à Paris.
Le président burundais Pierre Nkurunziza, le 4 juin 2014 à Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Comme le redoutaient ses opposants, Pierre Nkurunziza s'est officiellement représenté à la tête du pays, une décision qui a suscité une flambée de violences dans les rues et qui ont fait près de 20 morts depuis deux semaines.

Il est resté imperméable aux critiques. Le président burundais Pierre Nkurunziza a officiellement déposé, vendredi, sa candidature à un troisième mandat présidentiel. Une décision qui est la source de manifestations émaillées de violences depuis treize jours. A son arrivée à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), le président sortant a promis que les manifestations, devenues selon lui une "insurrection", seront "maîtrisées d'ici peu" : "Je vous promets que les élections vont bien se dérouler".

Le Burundi, en particulier sa capitale Bujumbura, est depuis le 26 avril le théâtre de manifestations émaillées de heurts parfois violents opposant les anti-troisième mandat à la police et aux jeunes du parti au pouvoir, le Cndd-FDD. Ces affrontements ont déjà fait 18 morts.

La crainte de violences à grande échelle

Les opposants au chef de l'Etat jugent un éventuel troisième mandat inconstitutionnel et surtout contraire aux accords d'Arusha qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006). Les partisans de Pierre Nkurunziza estiment, en revanche, que la démarche est parfaitement légale. La Cour constitutionnelle, jugée inféodée au pouvoir par les anti-troisième mandat, leur a donné raison mardi.

Depuis des mois, les communautés internationale et régionale mais aussi la population burundaise craignent que la candidature de Pierre Nkurunziza ne débouche sur de nouvelles violences à grande échelle.

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