Migrants : le navire "Sea-Watch" bloqué en Sicile par les gardes-côtes

Le navire \"Sea-Watch 3\" arrive au port de Catane, en Sicile (Italie), avec 47 migrants à son bord, le 31 janvier 2019. 
Le navire "Sea-Watch 3" arrive au port de Catane, en Sicile (Italie), avec 47 migrants à son bord, le 31 janvier 2019.  (ANTONIO PARRINELLO / REUTERS)

Le navire a accosté jeudi à Catane avec 47 migrants qui avaient été secourus au large de la Libye. Les migrants ont pu débarquer, mais le bateau est bloqué dans le port de Catane en raison d'une série de "non conformités" dans divers domaines.

Le navire est immobilisé pour "non conformités". Les gardes-côtes italiens ont annoncé, vendredi 1er février, avoir bloqué dans le port de Catane, en Sicile (Italie), le navire Sea-Watch 3. Il était arrivé jeudi avec 47 migrants secourus au large de la Libye. Des militaires italiens spécialisés dans le domaine de la sécurité de la navigation "sont montés à bord du Sea-Watch 3 pour effectuer une vérification technique des conditions du navire du point de vue de l'UNCLOS, la convention de l'ONU sur le droit de la mer", indique un communiqué des gardes-côtes.

"Au cours de l'inspection du Sea-Watch 3, un navire certifié comme navire de plaisance (...), une série de non conformités concernant aussi bien la sécurité de la navigation que le respect des règles en matière de protection de l'environnement marin ont été relevées, ne permettant pas le départ du navire tant qu'elles ne seront pas résolues", indique la même source. Le communiqué ne précise pas quelles sont les "non conformités" en question.

"Nous avons respecté la loi à la lettre"

Les gardes-côtes affirment avoir informé les Pays-Bas, dont le Sea-Watch 3 bat pavillon, précisant que ces non conformités devront être résolues en coopération avec La Haye et les autorités italiennes.

L'équipage du navire craignait un développement de cette nature quand il a reçu l'ordre de se diriger vers Catane, une ville sicilienne dont le procureur "n'a pas une histoire très amicale avec les ONG", avait déclaré jeudi Kim Heaton-Heather, chef de mission à bord. "Mais nous sommes tous absolument convaincus que nous n'avons rien fait de mal. Que nous avons respecté la loi à la lettre", avait-il ajouté.

Après près de deux heures d'attente, les migrants ont pu descendre à terre, à commencer par les mineurs, sous les applaudissements de l'équipage. Le parquet de Catane a désigné un tuteur pour chacun de ces adolescents. Les adultes devaient pour leur part être conduits dans un centre d'identification et de premier accueil (hotspot) à Messine, plus au nord.

Une "pression politique"

Le navire, lui, reste bloqué, mais pour le moment pour des raisons techniques ou administratives, pas judiciaires. L'ONG, qui avait essayé de changer d'équipage jeudi et de repartir dans la soirée, faisant valoir qu'il n'y avait plus de navires humanitaires au large de la Libye, a dénoncé une "pression politique" du gouvernement populiste italien derrière la décision des gardes-côtes.

"Les autorités, sous pression politique, sont à la recherche de n'importe quel prétexte technique pour arrêter les opérations de secours en mer", a-t-elle estimé sur Twitter.

"Si tu achètes un yacht, tu vas naviguer pour ton plaisir, pas pour te substituer aux gardes-côtes"

Danilo Toninelli, ministre des Transports, dont dépendent les capitaineries de port, a répliqué sur Facebook : "Nous parlons d'un navire enregistré comme 'pleasure yacht' (navire de plaisance), qui n'est pas en règle pour effectuer des actions de récupération de migrants en mer." "En Italie, ce n'est pas possible. Si tu es millionnaire et que tu achètes un yacht, tu vas naviguer pour ton plaisir, pas pour te substituer aux gardes-côtes libyens ou italiens", a-t-il insisté.

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