Libye : Moscou dément la présence de mercenaires russes aux côtés de Khalifa Haftar

Un combattant loyal au Gouvernement libyen d\'union nationale (GNA), reconnu internationalement, tire avec une arme montée sur un camion lors d\'affrontements avec les forces fidèles à l\'homme fort Khalifa Haftar à Ain Zara, dans la banlieue de Tripoli, le 7 septembre 2019. 
Un combattant loyal au Gouvernement libyen d'union nationale (GNA), reconnu internationalement, tire avec une arme montée sur un camion lors d'affrontements avec les forces fidèles à l'homme fort Khalifa Haftar à Ain Zara, dans la banlieue de Tripoli, le 7 septembre 2019.  (MAHMUD TURKIA / AFP)

Moscou qualifie d'"élucubrations" les informations du "New York Times" faisant état de la présence de mercenaires du groupe Wagner en Libye, pour infléchir le conflit en faveur de l'homme fort de Cyrénaïque. 

La Russie a démenti le 7 novembre 2019 des informations de presse sur l'arrivée de quelque 200 mercenaires russes, ces deux derniers mois en Libye, où elle est soupçonnée de soutenir les forces antigouvernementales du maréchal Khalifa Haftar. Le journal américain New York Times (NYT) avait fait état deux jours auparavant du déploiement dans ce pays en guerre de près de 200 mercenaires du groupe Wagner, une société russe de sécurité privée dont la présence a également été rapportée dans plusieurs pays d'Afrique et en Syrie.

Saper la normalisation entre Moscou et Washington

L'arrivée de ces combattants russes, dont des tireurs d'élite, au cours de ces six dernières semaines fait partie d'une vaste campagne menée par le Kremlin pour réaffirmer son influence au Proche-Orient et en Afrique , estime le NYT. Toujours selon ce journal, cette présence russe accrue pourrait faire basculer l'issue du conflit civil en faveur de M. Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, engagé dans une offensive contre le Gouvernement libyen d'union nationale basé à Tripoli et reconnu par l'ONU.

En déplacement de travail en Israël, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a dénoncé des "élucubrations" et des "rumeurs malveillantes" destinées à "saper la normalisation" des relations entre Moscou et Washington. "Nous agissons en faveur du règlement (du conflit) en Libye et nous soutenons les efforts en ce sens, y compris dans la ligne de l'ONU, et nous nous trouvons en contact avec ceux qui ont une influence sur la situation", a-t-il ajouté.

Le chef du groupe de contact russe sur la Libye, Lev Dengov, s'est montré lui aussi catégorique. "De telles informations (publiées dans le New York Times) visent à discréditer la participation russe dans le règlement pacifique du conflit" en Libye, a-t-il dit. "La législation russe interdit le mercenariat, il s'agit d'une infraction pénale punissable", a ajouté le diplomate.

Des soldats russes tués en Libye rapatriés en secret

L'enquête du New York Times n'est pas la première à évoquer la présence de mercenaires du groupe Wagner en Libye. Le journal en ligne russe Meduza a ainsi publié récemment un long article sur plusieurs soldats de fortune russes qui ont été tués en Libye au cours de frappes aériennes du Gouvernement d'union nationale non loin de Tripoli. Certains corps ont été rapatriés en Russie dans le plus grand secret, d'après ce média indépendant.

Selon les enquêtes de nombreux médias russes et occidentaux, le groupe Wagner est financé par Evguéni Prigojine, un proche du président Vladimir Poutine. L'homme d'affaires a nié à plusieurs reprises tout lien avec Wagner. En juillet dernier, trois journalistes russes enquêtant sur la présence de Wagner en Centrafrique ont été assassinés dans des circonstances troubles.

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