Libye : le Parlement appelle la communauté internationale à retirer sa légitimité au gouvernement basé à Tripoli

Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, lors d\'un entretien avec l\'AFP à Nicosie (Chypre), le 28 décembre 2019. 
Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, lors d'un entretien avec l'AFP à Nicosie (Chypre), le 28 décembre 2019.  (CHRISTINA ASSI / AFP)

Deux autorités se disputent actuellement le pouvoir en Libye : le gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli, et un gouvernement et Parlement dans l'est libyen, acquis au maréchal Khalifa Haftar. 

La Libye fait face à une grave crise politique. Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, a appelé samedi 28 décembre la communauté internationale à retirer sa légitimité au gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli (Libye) et reconnu par l'ONU, après des accords controversés signés avec la Turquie.

Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est désormais en proie à de profondes luttes d'influence. Deux autorités se disputent aujourd'hui le pouvoir : le GNA à Tripoli (ouest), et un gouvernement et un Parlement acquis au maréchal Khalifa Haftar, dans l'est libyen.

Le Parlement élu siégeant dans l'est est aussi affaibli par des divisions après le départ d'une quarantaine de députés anti-Haftar pour Tripoli.

Une action "dans les prochains jours"

Aguila Saleh, un allié de Khalifa Haftar, est en déplacement à Chypre pour examiner les répercussions de deux accords signés fin novembre entre la Turquie et le GNA. Le premier permet à Ankara de faire valoir des droits sur des vastes zones en Méditerranée orientale riches en hydrocarbures, au grand dam de la Grèce, de l'Egypte, de Chypre et d'Israël. Le second accord porte sur l'aide que la Turquie pourrait apporter au GNA dans sa lutte contre les troupes du maréchal Haftar, qui ont lancé en avril une offensive pour s'emparer de Tripoli. Le maréchal Haftar est lui soutenu par l'Egypte, les Emirats arabes unis et la Russie. 

Le GNA "veut pousser à une colonisation turque de la Libye", a accusé Aguila Saleh auprès de l'AFP à Nicosie (Chypre). "Dans les prochains jours, le Parlement libyen entreprendra une action en vue d'obtenir un retrait de la reconnaissance internationale à ce gouvernement", a-t-il déclaré. Le président du Parlement libyen a ajouté avoir demandé au chef de la diplomatie chypriote de "transmettre un message à l'Union européenne (UE) pour qu'elle retire sa reconnaissance à ce gouvernement". "Il est temps de former un nouveau gouvernement soutenu par le peuple et le Parlement libyens", a-t-il défendu.

Aguila Saleh n'a pas exclu la possibilité d'une intervention d'autres pays en Libye, si la Turquie envoie des troupes au côté du GNA. "Tous les pays ont mis en garde la Turquie contre toute intervention. Ils ne veulent pas d'un conflit [régional]." 

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