Libye : l'ONU annonce un accord entre pouvoirs rivaux pour la tenue d'élections

De gauche à droite, le maréchal de l\'Armée nationale libyenne, Khalifa Haftar, le président du Parlement libyen basé à Tobrouk, Aguila Saleh Issa, le chef du gouvernement d\'accord national Fayez al-Sarraj et le président du Haut Conseil d\'Etat libyen Khaled Mechri, lors d\'un congrès international sur la Libye à l\'Elysée à Paris, le 29 mai 2018.
De gauche à droite, le maréchal de l'Armée nationale libyenne, Khalifa Haftar, le président du Parlement libyen basé à Tobrouk, Aguila Saleh Issa, le chef du gouvernement d'accord national Fayez al-Sarraj et le président du Haut Conseil d'Etat libyen Khaled Mechri, lors d'un congrès international sur la Libye à l'Elysée à Paris, le 29 mai 2018. (ETIENNE LAURENT / POOL)

Un accord a été conclu entre le chef du gouvernement d'union, Fayez al-Sarraj, et son rival, le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est du pays, sur l'organisation d'élections en Libye, mais sans préciser de calendrier.

L’accord a été scellé le 28 février 2019 à Abu Dhabi sous l'égide de l'ONU, lors d'une rencontre entre les deux dirigeants libyens qui n'avait fait l'objet d'aucune annonce préalable, a indiqué dans un tweet en arabe la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul).

"Les deux parties se sont entendues sur la nécessité de mettre fin à la période de transition à travers des élections générales mais aussi sur les moyens de préserver la stabilité de la Libye et d'unifier ses institutions", a déclaré la Manul.
Elle n'a toutefois établi aucun calendrier précis pour une telle échéance.

Des luttes d'influence en toute impunité

Depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011, la Libye est déchirée par des luttes d'influence que se livrent dans l'impunité la plus totale les nombreuses milices mais aussi les dizaines de tribus, composantes essentielles de la société libyenne.

Sur le plan politique, deux autorités se disputent le pouvoir dans ce riche pays pétrolier : le Gouvernement d'accord national (GNA) de Fayez al-Sarraj, établi fin 2015 par un accord parrainé par l'ONU et basé à Tripoli, et une autorité rivale installée dans l'est, contrôlé par l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal Khalifa Haftar.

Le 18 janvier, l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, avait espéré pouvoir convoquer "dans les semaines à venir" une Conférence nationale en Libye visant à mettre un terme à la transition et tracer le chemin vers des élections présidentielle et législatives. Ce processus inclura la possibilité d'un référendum sur un projet de Constitution, avait-il indiqué.

Une fois établi entre les principaux acteurs "un nouveau consensus sur un calendrier national pour reconstruire un Etat civil libyen uni, nous serons en mesure de fixer une date et un lieu", avait-il ajouté.

Le dernier face-à-face entre les deux hommes remonte à mai 2018 à Paris, à l’initiative d’Emmanuel Macron. Il y était déjà question d'organiser des élections en décembre, mais sans qu'aucune partie ne s'y engage solennellement.

Le maréchal Haftar étend son contrôle au sud

A son tour, l'Italie, principal partenaire historique de la Libye, avait organisé une conférence internationale à Palerme en novembre 2018 pour tenter d’opérer un nouveau rapprochement al-Sarraj et Haftar. Mais ce dernier, bien que présent à Palerme, avait boycotté les réunions.

L'annonce de ce nouvel accord par l’ONU intervient alors que le maréchal Haftar tente d'étendre son influence dans le pays. Il s'est lancé en janvier à la conquête du sud, une vaste région désertique marginalisée de longue date par les autorités et qui est devenue un repaire pour les djihadistes et les trafiquants en tout genre. En obtenant le ralliement de tribus locales, il s'est déjà emparé sans combats de la ville de Sebha, chef-lieu de cette région, ainsi que d'al-Charara, un des plus importants champs pétroliers du pays, entraînant la suspension de sa production.

L'opération vise officiellement, selon l'ANL, à "purger" cette région "des terroristes et criminels", ainsi que des groupes rebelles tchadiens basés dans le sud libyen.

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