Libye : Khalifa Haftar décidé à poursuivre son offensive sur Tripoli

Des combattants fidèles au Gouvernement d’accord national (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu internationalement, se reposent entre deux affrontements avec les forces fidèles à l\'homme fort de l\'Est, Khalifa Haftar, le 19 juin 2019 dans la région d\'al-Sawani, au sud de Tripoli.
Des combattants fidèles au Gouvernement d’accord national (GNA) de Fayez al-Sarraj, reconnu internationalement, se reposent entre deux affrontements avec les forces fidèles à l'homme fort de l'Est, Khalifa Haftar, le 19 juin 2019 dans la région d'al-Sawani, au sud de Tripoli. (MAHMUD TURKIA / AFP)

L'homme fort de l'Est libyen rejette l'initiative de sortie de crise de son rival Fayez al-Sarraj et se dit déterminé à conquérir la capitale.

Dans un entretien avec "The Address" et "The Observer", deux sites d'information libyens, publié dans la nuit de du 19 au 20 juin 2019, le maréchal Haftar a affirmé que son offensive, lancée début avril, "ne s'arrêtera pas avant que tous ses objectifs ne soient atteints".

Les forces d'Haftar toujours bloquées aux portes de la capitale

Sur le terrain, "la situation est excellente et j'appelle les Libyens à ne pas prêter attention aux rumeurs sur notre retrait", a-t-il dit. Le 4 avril, l’homme fort de Cyrénaïque a lancé une offensive pour prendre le contrôle de Tripoli, siège du gouvernement d’accord national (GNA) reconnu par la communauté internationale. Toutefois, ses forces sont toujours bloquées aux portes de la capitale et les positions sont figées. Malgré ce statu quo, le maréchal se dit confiant dans la victoire et la possibilité d'une phase politique après les combats.

"Après l'opération militaire, nos hommes seront affectés à la sécurité des frontières, des eaux et de l'espace aérien (...) et nous allons introduire une phase de transition claire cette fois en termes de durée et de pouvoirs" avec "un gouvernement d'union nationale pour préparer la phase permanente", a-t-il dit.

Pour Khalifa Haftar, il est également question d'un "retour au processus démocratique : élections, nouvelle loi électorale sans défauts cette fois, et un nouveau comité de rédaction de la Constitution", mais surtout "un équilibre dans la répartition des revenus pétroliers", a-t-il insisté.

Les propositions similaires de sortie de crise de deux hommes incompatibles

Une proposition qui ressemble beaucoup à celle rendue publique le 16 juin par son rival Fayez al-Sarraj, qui prévoit notamment des élections en 2019 et la tenue d'un "forum libyen", afin de sortir le pays de la profonde crise où l'a plongé la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Mais pour le maréchal Haftar, le projet de M. Sarraj "manque de sérieux et d'éléments susceptibles de résoudre la crise", estimant qu'il est issu "des propos de (Ghassan) Salamé", l'émissaire de l'ONU en Libye.

Accusé par M. Sarraj de vouloir saper le processus démocratique pour rétablir une dictature, le maréchal s'en défend et assure ne pas s'opposer "aux solutions politiques ou aux élections". Il estime néanmoins qu'elles sont irréalisables tant que le pays est sous la coupe "du terrorisme, des Frères musulmans, des milices, des réseaux criminels et de la corruption".

Depuis le 4 avril, les combats ont fait plus de 653 morts, dont 41 civils, ainsi que plus de 3500 blessés, dont une centaine de civils, selon un dernier bilan de l'Organisation mondiale de Santé (OMS). Selon les chiffres de l'ONU, 94 000 personnes ont déjà été déplacées des zones de combat.

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