Libye : des dizaines de civils tués par des mines autour de Tripoli

Explosion contrôlée d\'une mine dans un quartier de Tripoli le 15 juin 2020. Des démineurs turcs sont venus participer à la destruction des engins explosifs laissés par les combattants.
Explosion contrôlée d'une mine dans un quartier de Tripoli le 15 juin 2020. Des démineurs turcs sont venus participer à la destruction des engins explosifs laissés par les combattants. (MAHMUD TURKIA / AFP)

Après les bombardements, la population est désormais sous la menace de pièges explosifs laissés par les combattants.

Les troupes du maréchal Haftar quittent la banlieue Sud de Tripoli, repoussées par le GNA, l'armée du gouvernement de l'Ouest libyen. Mais, vraisemblablement pour ralentir la progression de leur adversaire, les soldats d'Haftar piègent les bâtiments sur les terrains qu'ils abandonnent. Une fois encore, les civils sont aussi des cibles quand ils veulent récupérer leurs logements. Tarhouna, Tripoli et maintenant Syrte. A chaque fois le procédé est le même.

Le 10 juin, sept personnes ont été tuées et dix autres blessées dans l'explosion de mines dans la banlieue Sud de Tripoli. Depuis le début du mois, ce sont plus de 30 personnes qui ont été tuées et 60 blessées dans l'explosion de mines, essentiellement des civils, selon le ministère de la santé du GNA à Tripoli, relaie l'AFP.

Des casseroles piégées

L'imagination des combattants pour terroriser la population est sans limite. "Différents témoignages ont ainsi fait état de mines posées dans des chasses d'eau, des casseroles, des poêles ou sous des briques", rapporte l'AFP. Sur les réseaux sociaux, on voit fleurir les exemples de ces pièges, notamment sur des jouets, sans qu'on soit en mesure de dire si cela ne relève pas de la propagande anti-Haftar.

(Même les jouets des enfants ont été piégés à l'intérieur des maisons occupées par les hommes de la force russe Wagner)

L'ONG Human Rights Watch a condamné l'usage de ces armes. "Toute utilisation de mines terrestres, qui sont interdites par un traité international, est inadmissible. Tous les belligérants à Tripoli devraient cesser de recourir à ces mines, et procéder à des opérations de déminage pour éviter de tuer ou blesser des civils."

Il y a bien une convention internationale qui interdit l'usage des mines antipersonnel. 164 Etats l'ont signée. Mais la Libye ne figure pas dans la liste des signataires. A ce jour, 53 millions de mines ont été détruites par les Etats signataires. Mais ce volume important n'est qu'une petite partie de l'arsenal qui existe partout dans le monde. En 2004, le journal Libération dressait le catalogue de ces engins.

La Turquie alliée inconditionnelle du gouvernement de Tripoli a dépêché sur place des démineurs, dont la tâche est de nettoyer des quartiers de toute présence d'engins explosifs afin de permettre le retour des civils. Car les mines antipersonnel ne sont qu'un aspect du danger. Les pièges en tout genre, les engins explosifs improvisés, font désormais partie de la panoplie des combattants. Véhicules, bâtiments, routes sont autant de dangers potentiels. Des engins qui peuvent tuer bien après la fin des combats.

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