Des amputés libyens mettent tous leurs espoirs dans un futur centre de prothèses

Les affrontements dans le pays, en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, ont fait outre les morts, des milliers de blessés. Et beaucoup d’entre eux ont dû être amputés.

Blessés au cours des combats et nécessitant une amputation, beaucoup de Libyens sont envoyés à l'étranger pour se faire soigner et réparer, le secteur de la santé local étant en lambeaux. Ceux qui ne peuvent pas partir doivent attendre des mois pour avoir une prothèse. Alors, la création à Misrata d’un nouveau Centre national de prothèses soulève tous les espoirs.

7 photos de Mahmud Turkia illustrent ce propos

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Radwan Jibril, "blessé à la jambe par des éclats d'obus" lors d’un combat dans sa ville natale de Misrata en 2011, a dû se faire amputer. "Malgré plusieurs séjours médicaux à l'étranger, c’était inévitable car la blessure a été mal soignée. Ça a été un choc. On m'a posé une prothèse en Italie, mais j'ai mis du temps à m'y faire", raconte cet homme de 38 ans à l’AFP.       MAHMUD TURKIA / AFP
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Avec l'aide de sa famille, Radwan Jibril a ouvert une poissonnerie à Misrata où il se déplace d'un étal à l'autre, la jambe droite raide. S’il a eu la chance d'être équipé d'une prothèse et d’apprivoiser peu à peu le membre artificiel, ce "corps étranger", pour des milliers d'autres amputés victimes d'obus ou de mines, c'est souvent plus difficile.    MAHMUD TURKIA / AFP
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La plupart des infrastructures sanitaires ayant été détruites lors des combats, les blessés partent le plus souvent se faire soigner à l'étranger, aux frais de l'Etat. Aujourd’hui, beaucoup attendent avec impatience l’ouverture en mars 2021 du nouveau Centre national pour les prothèses de Misrata.    MAHMUD TURKIA / AFP
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"Plus de 3 000 amputés figurent sur nos listes" d'attente, mais leur nombre est en réalité bien supérieur et "au moins 20% d'entre eux ont des handicaps nécessitant la pose d'une prothèse", explique à l'AFP al-Sadeq al-Haddad, le directeur du centre. Le futur établissement permettra au gouvernement d'économiser des "sommes importantes" et "une équipe de spécialistes hongrois formera des techniciens et gèrera le service de rééducation pendant un an", précise-t-il.    MAHMUD TURKIA / AFP
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En attendant, Al-Sadeq Al-Haddad explique que pour répondre à une "demande d'aide croissante des amputés", un partenariat a été conclu avec le département de rééducation de l'université de Misrata, créé avec le soutien du Comité international de la Croix-Rouge et du Gouvernement d’union nationale. Ce qui a déjà permis à nombre d'entre eux d'accéder à des soins à l'université : "Depuis 2016, 1 000 prothèses ont été posées" dans ce département par des techniciens libyens formés à l'étranger, souligne le directeur.    MAHMUD TURKIA / AFP
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Badreddine Moftah a choisi son métier d’orthoprothésiste "après avoir rencontré tellement d'amputés depuis 2011". En 2019, il a suivi un stage d'un an en Allemagne, puis regagné son pays pour y exercer. Malgré l'équipement rudimentaire du laboratoire universitaire, il fabrique minutieusement des emboîtures en plâtre pour recouvrir le moignon avant la pose d'une prothèse sous le regard attentif de deux étudiantes.    MAHMUD TURKIA / AFP
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"Dans cinq ans, nous espérons pouvoir fournir des prothèses à tous les amputés en Libye, dit al-Sadeq al-Haddad. Cela les aidera à reprendre en main leur vie avec un soutien psychologique et physique."    MAHMUD TURKIA / AFP
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