"C'est quelqu'un qui n'a aucune limite" : des députés libyens redoutent l'offensive du général Haftar sur Tripoli

Des députés libyens opposés à l\'offensive du général Haftar tiennent leur première réunion à Tripoli, le 2 mai 2019.
Des députés libyens opposés à l'offensive du général Haftar tiennent leur première réunion à Tripoli, le 2 mai 2019. (MAHMUD TURKIA / AFP)

Des députés libyens ont boycotté les travaux du parlement pour se réunir à Tripoli.

Un mois après le début de leur offensive sur Tripoli, les forces du général Khalifa Haftar butent toujours sur une résistance acharnée, autour de la capitale, des combattants fidèles au gouvernement d'union nationale reconnu par la communauté internationale. Jeudi, plusieurs dizaines de députés ont boycotté les travaux du parlement, qui siège habituellement à Benghazi dans l'est du pays, pour protester contre cette offensive. C'est à Tripoli qu'ils ont tenu leur première réunion.

Une session parlementaire qui s'est donc ouverte dans la capitale, convoitée par le général Khalifa Haftar dont les troupes s'enlisent aux portes de la ville."Il ne s'attendait pas à une telle résistance, il a été lui-même surpris", estime le député Aymen Seifennaser.

C'est quelqu'un qui veut tout pour lui, qui n'a aucune limite. Il est prêt à aller encore plus loin. S'il parvient à prendre le pouvoir, le pays sera totalement détruit.le député Aymen Seifennaserà franceinfo

"Si cette guerre continue, elle va tout dévaster, c'est la haine et la division qui vont prospérer", renchérit la députée de la ville de Zaouïa, Aisha Shalabi.

Dans les rues de Tripoli la peur est palpable mais de nombreux habitants refusent de choisir entre le général Haftar et les milices qui contrôlent la capitale. "Haftar ou les milices, c'est la même chose pour moi, explique Choukri, un ancien guide touristique. Haftar, s'il gagne, deviendra un nouveau dictateur, comme Kadhafi. Si les milices l'emportent, elles seront encore plus fortes et continueront de voler notre argent. C'est le choix entre deux diables, dans les deux cas, je suis perdant."

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