Libye : Pluie de roquettes sur Misrata, l'Otan affiche une unité politique

(Radio France ©REUTERS/Yannis Behrakis)

Les forces de Mouammar Kadhafi ont fait pleuvoir aujourd’hui les roquettes sur la ville assiégée de Misrata, ont annoncé les rebelles. Le bilan fait état de 23 civils tués, majoritairement des enfants et des femmes. _ Divisés sur le volet militaire de l'opération en Libye, les membres de l'Otan ont serré les rangs aujourd’hui sur les aspects politiques. Parmi les principaux points de divergence figurent notamment une révision à la hausse des capacités aériennes engagées sur le terrain.

Réunis à Berlin, les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance atlantique ont insisté aujourd’hui sur leur engagement à ne pas relâcher la pression sur le colonel Kadhafi et à continuer de protéger les civils.
Il faut dire que selon plusieurs porte-parole des insurgés, Misrata, la ville côtière, assiégée depuis plus de six semaines, a essuyé plusieurs dizaines de tirs de roquettes dans la journée, pour un bilan de 23 civils tués.
Les organisations d'aide humanitaire redoutent que la situation ne s'empire dans cette ville de l'ouest de la Libye, la seule aux mains des insurgés dans cette partie du pays. Sur place, les habitants manquent de tout, principalement d'eau, de nourriture et de médicaments.

Après avoir mis l'accent ces deux derniers jours sur le manque d'intensité de l'action de l'Otan et sur la nécessité de contributions supplémentaires des alliés, le ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé s'est félicité que des assurances aient été données afin d'intensifier les frappes.
Son homologue britannique William Hague, qui avait lui aussi pressé les autres membres de l'Otan de faire plus, a dit qu'il y avait “assurément” plusieurs pays qui n'excluaient pas de revoir leur contribution à la hausse.

Pas d'avenir pour la Libye avec Kadhafi

“Il ne s'agit pas d'évincer Kadhafi par la force.Mais il est impossible d'imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi”, soulignent le président français Nicolas Sarkozy, le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron dans une tribune conjointe publiée demain.
Le régime de Kadhafi doit “se retirer des villes qu'il assiège,
notamment Ajdabia, Misrata et Zintan, et faire rentrer ses soldats
dans leurs casernes”.
Mais "tant que Kadhafi sera au pouvoir, l'OTAN et les partenaires
de la coalition doivent maintenir leurs opérations afin que la
protection des civils soit maintenue et que la pression sur le
régime s'accroisse", ajoutent MM. Sarkozy, Obama et Cameron.

Les Etats-Unis ne reviendront pas en première ligne

A l'heure actuelle, seuls six des 28 membres de l'Alliance participent activement aux frappes au sol en Libye (France, Grande-Bretagne, Danemark, Norvège, Belgique et Canada) et Paris et Londres assurent à eux seuls 50% des sorties.
Les Etats-Unis, qui ne faisaient pas partie officiellement de cette liste, ont quant à eux indiqué hier avoir poursuivi les raids aériens en Libye même depuis que l'Otan a pris le 31 mars le commandement des opérations.
Selon Paris et Londres, cet engagement ne sera cependant pas
revu et Washington n'a pas prévu de revenir en première ligne.
Alain Juppé, qui a maintenu une rencontre bilatérale avec son homologue américaine Hillary Clinton en marge de la réunion de l'Otan, a confirmé que les Etats-Unis maintiendraient leur ligne d'interventions et de frappes ponctuelles.
“Je lui ai dit que nous avions besoin d'eux, que j'aurais voulu qu'ils reviennent”, a-t-il déclaré à des journalistes. “Je pense qu'ils continueront sur la même ligne, c'est-à-dire des interventions ponctuelles lorsque cela est nécessaire et lorsque les moyens dont ils disposent sont particulièrement utiles”, a-t-il dit.
Selon un responsable de l'Otan, l'Alliance manque en tout et pour tout de dix avions capables d'exécuter des frappes au sol de précision, ce qu'a confirmé Anders Fogh Rasmussen.

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