Libye : combats à l’arme lourde autour du bunker de Kadhafi encerclé

(Radio France © France Info)

Au quatrième jour de l’assaut final des rebelles sur Tripoli, les combats se concentrent autour du QG de Kadhafi, cerné par les rebelles, dernier bastion encore aux mains des forces loyalistes. Des combats à la roquette et à l’artillerie lourde. Les rebelles assurent avoir ouvert une première brèche dans l'enceinte de la résidence.

Actualisé à 16h30

Hier déjà, de violents combats avaient eu lieu aux abords du complexe de Bab al-Azizia, la résidence de Kadhafi où le Guide de la révolution serait toujours retranché, si l'on en croit son fils Seif al-Islam.
_ Ces combats semblent avoir gagné ce matin en intensité. Les rebelles, désormais appuyés par des chars saisis aux forces kadhafistes, ont encerclé le QG. Le quartier résonne des tirs de mortier et d’artillerie, ainsi que du grondement des avions de l’Otan qui semblent avoir intensifié leurs raids pour appuyer l’opération au sol.

Selon la chaîne Al-Arabiya, les insurgés affirment avoir ouvert une première brèche dans l'enceinte du QG.

Les mosquées de la ville diffusent les appels "Allah Akbar" (Dieu est grand), pour encourager les rebelles.
_ Des combats se déroulent également dans d’autres quartiers, notamment non loin de l’hôtel Rixos qui abrite les journalistes étrangers. Des soldats du régime sont postés autour de l’établissement. Le bâtiment a été secoué en fin de matinée par une forte explosion à proximité, créant un mouvement de panique : les reporters se sont réfugiés dans les sous-sols.

Véritable ville fortifiée dans la ville

Ces combats sont les plus violents depuis le déclenchement de la bataille de Tripoli samedi soir.
_ L’assaut final a été lancé par des troupes venues par la mer de l’enclave de Misrata à quelque 200 km à l’est de la capitale, et par des combattants de l’Ouest. Les forces loyalistes n’ont pratiquement opposé aucune résistance. Elles semblent jeter leurs dernières forces dans la défense du complexe de Bab al-Azizia.

Bab al-Azizia est bien plus qu’un luxueux palais présidentiel. Une véritable ville fortifiée dans la ville, une caserne de six kilomètres-carrés, soit 600 hectares sécurisés par trois ceintures de béton et pourvus de nombreux souterrains et bunkers et d'un espace pour hélicoptères. Le site est en outre équipé de moyens de transmission et d’un studio de télévision.
C’était jusqu’à présent le cœur du régime. Bab al-Azizia abritait la famille élargie du régime et les proches conseillers du colonel Kadhafi.
Avant l’assaut des rebelles libyens, la forteresse de Kadhafi avait déjà été la cible de bombardements américains en 1986, puis de l’Otan dès le déclenchement de l’opération Unified Protector à la mi-mars.

Gilles Halais, avec agences

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