Les trois lauréates du Nobel de la paix ont reçu leur prix

La prix Nobel de la paix yéménite Tawakkol Karman, devant, avec ses colauréates libériennes Leymah Gbowee (gauche) et Ellen Johnson Sirleaf.
La prix Nobel de la paix yéménite Tawakkol Karman, devant, avec ses colauréates libériennes Leymah Gbowee (gauche) et Ellen Johnson Sirleaf. (ODD ANDERSEN / AFP)

La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, sa compatriote Leymah Gbowee et la Yéménite Tawakkol Karman se partageront un chèque d'un million d'euros.

Trois femmes étaient à l'honneur samedi 10 décembre à Oslo. La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, sa compatriote Leymah Gbowee et la Yéménite Tawakkol Karman, figure de proue du "printemps arabe", ont reçu samedi 10 décembre le prix Nobel de la paix à Oslo, en Norvège.

"Vous représentez une des forces motrices les plus importantes du changement dans le monde d'aujourd'hui: la lutte pour les droits humains en général et la lutte des femmes pour l'égalité et la paix en particulier", a déclaré Thorbjoern Jagland, le président du comité Nobel, avant de remettre le prix. "Vous donnez du sens au proverbe chinois qui dit que les femmes portent la moitié du ciel".

Le printemps arabe au coeur de la cérémonie

Le prix consiste en une médaille d'or, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (environ un million d'euros) que les lauréates se partageront en trois parts égales. Toutes vêtues de costumes traditionnels, des robes africaines colorées pour les deux Libériennes et un hijab multicolore pour Tawakkol Karman, elles l'ont accepté lsous les youyous d'une assistance qui comprenait la famille royale norvégienne et la Franco-norvégienne Eva Joly.

Avec le printemps arabe en toile de fond, Thorbjoern Jagland a affirmé que la chute des régimes autoritaires au Yémen et en Syrie, où neuf civils ont été tués par les forces de sécurité samedi, n'était qu'une affaire de temps. "Le président Saleh (qui a accepté de quitter le pouvoir) n'a pas réussi à résister aux demandes de son peuple en matière de liberté et de droits humains et le président Assad en Syrie n'y réussira pas non plus".

"Le monde démocratique ne devrait pas rester indifférent à ce qui se passe au Yémen et en Syrie"

De leur côté, les lauréates ont souligné le rôle des femmes dans la résolution des conflits et attiré l'attention sur les révoltes toujours en cours. Première femme arabe à recevoir le Nobel de la paix et membre de l'opposition yéménite, Tawakkol Karman a dénoncé la relative indifférence du reste de la planète à l'égard de la révolution yéménite.

"Avec regret et tristesse, je dois dire qu'elle n'a pas bénéficié de la compréhension, du soutien ou de l'attention dont la communauté internationale a fait preuve à l'égard des autres révolutions dans la région", a-t-elle déclaré en arabe. "Le monde démocratique, qui nous a beaucoup parlé des valeurs de la démocratie et de la bonne gouvernance, ne devrait pas rester indifférent à ce qui se passe au Yémen et en Syrie".

 

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