Les islamistes somaliens annoncent avoir exécuté l'otage Denis Allex

L\'otage français en Somalie Denis Allex, sur une vidéo datée du 4 octobre 2012 et mise en ligne sur le site spécialisé dans les questions de terrorisme SITE Monitoring Service.
L'otage français en Somalie Denis Allex, sur une vidéo datée du 4 octobre 2012 et mise en ligne sur le site spécialisé dans les questions de terrorisme SITE Monitoring Service. (SITE MONITORING SERVICE / AFP)

Le Français était donné pour mort par la France depuis un raid infructueux de commandos français visant à le libérer samedi dernier. 

Les islamistes somaliens shebab ont annoncé, jeudi 17 janvier, avoir exécuté leur otage français Denis Allex, donné pour mort par la France depuis un raid infructueux de commandos français visant à le libérer samedi dernier.

Denis Allex – a priori un pseudonyme –, un agent de la DGSE (services français de renseignement), avait été enlevé par les insurgés islamistes le 14 juillet 2009. Il avait été capturé à Mogadiscio, la capitale somalienne, avec un autre agent, qui a recouvré la liberté en août 2009. Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian avait estimé, dès l'annonce samedi de l'opération française infructueuse, que l'otage français avait alors selon toute vraisemblance été "exécuté par ses geôliers". 

"Manipulation médiatique"

"16h30 GMT (17h30, heure de Paris), mercredi 16 janvier 2013, Denis Allex est exécuté", annonce un message des shebab, posté jeudi sur leur compte tweeter et authentifié au téléphone auprès de l'AFP par un responsable du mouvement islamiste. L'otage a été exécuté à Bulomarer, localité du sud de la Somalie, a ajouté ce responsable, qui s'exprimait au téléphone sous couvert de l'anonymat. C'est dans cette même localité qu'un cinquantaine de commandos français avaient tenté, en vain, une opération pour libérer l'otage dans la nuit de vendredi à samedi.

"Des documents audio et vidéo sont disponibles et seront rendus publics quand nous le déciderons", a ajouté le responsable islamiste, interrogé par l'AFP sur l'existence de preuves de la réalité de l'exécution annoncée. Les shebab avaient annoncé mercredi par le même canal avoir "décidé unanimement d'exécuter" leur otage, alors que les autorités françaises les accusent de se livrer depuis plusieurs jours à une "manipulation médiatique". "Nous soupçonnons, et nous n'avons, je crois, pas tort de le faire, les shebab somaliens de pratiquer de la manipulation médiatique", avait réagi mercredi sur Europe 1 le chef d'état-major des armées françaises, l'amiral Edouard Guillaud, à l'annonce du verdict concernant l'otage. 



La veille, les shebab avaient publié les photos du corps présumé du "chef" du commando français ayant échoué à libérer Denis Allex. Interrogé par francetv info, François-Bernard Huyghe, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), estime que "tout a été mis en scène"Pour lui, les insurgés islamistes "veulent montrer leur prise" et "humilier symboliquement l’adversaire, montrer qu'ils sont mieux entraînés que les Français et qu'ils peuvent se protéger".

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