Les députés malgaches votent la destitution du président

Le président malgache Hery Rajaonarimampianina, le 25 janvier 2014, à Madagascar.
Le président malgache Hery Rajaonarimampianina, le 25 janvier 2014, à Madagascar. (RIJASOLO / AFP)

Accusé d'avoir violé la Constitution, Hery Rajaonarimampianina sera déchu si la décision est confirmée par la Haute Cour constitutionnelle. 

La décision risque de plonger Madagascar dans une nouvelle crise politique. Les députés malgaches ont voté à une très large majorité, mardi 26 mai au soir, la destitution du président Hery Rajaonarimampianina. Ce dernier est accusé notamment d'avoir violé la Constitution.

La Haute Cour constitutionnelle doit désormais se prononcer sur le bien fondé de la déchéance du président, votée par 121 députés contre 4, sur 125 votants, parmi les 151 députés de l'Assemblée nationale. La majorité des deux tiers requise pour obtenir la destitution du président était de 101 voix.

Accusé de plusieurs cas de violation de la Constitution

L'élection démocratique - la première depuis 2006 - d'Hery Rajaonarimampianina en décembre 2013 avait laissé croire que Madagascar pourrait enfin sortir de la très grave crise politique et économique dans laquelle elle était plongée depuis le renversement du président Marc Ravalomanana par le maire d'Antanarivo Andry Rajoelina, en 2009.

Expert-comptable de formation, Hery Rajaonarimampianina avait promis à la population une vie meilleure. Et il avait promis d'agir vite. Le président avait été élu avec le soutien d'Andy Rajoelina, battant le candidat de Marc Ravalomanana, Robinson Jean-Louis. Mais il a rapidement pris ses distances avec son mentor, se retrouvant sans base politique. S'il a su renouer avec les bailleurs de fonds étrangers qui avaient tourné le dos au pays après le coup de force de 2009, ses détracteurs et la société civile lui reprochent son inertie, ses tâtonnements et son inefficacité.

Proche d'Andry Rajoelina, Christine Razanamahasoa a cité plusieurs cas de violation de la Constitution par le président, selon elle : non-respect de la séparation du pouvoir entre exécutif et législatif, non-respect du délai de promulgation des lois, ingérence dans les affaires de l'Assemblée nationale, obstacle à l'instauration d'une commission électorale indépendante, menace de dissolution de l'Assemblée nationale...