Les circonstances de la mort de Kadhafi se précisent

(Radio France © France Info)

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a révélé le rôle joué par l'aviation française dans la fin du dictateur libyen. Elle a stoppé son convoi qui fuyait Syrte et des affrontements avec les forces du CNT au sol ont suivi. Des images montrent que Kadhafi était vivant au moment de son arrestation, mais blessé. Le chef du gouvernement du CNT affirme qu'il est mort d'une balle dans la tête lors d'un accrochage par la suite. L'ONU demande une enquête sur les circonstances de sa mort.

Mouammar Kadhafi est-il mort des suites de ses blessures ? Quand les a-t-il reçu ? Autant de questions qui pourraient être importantes pour la suite des évènements en Libye.

Ce soir, le ministre de la Défense français, Gérard Longuet, a révélé que c'est l'aviation française qui a stoppé le convoi de 4x4 qui sortait de Syrte. Une colonne importante, selon le ministre : “des informations ont été données d'une sortie en force d'un groupe très important de 4x4 --jusqu'à 80-- qui cherchait à fuir Syrte”. Un Mirage-2000 français “a été informé par l'état-major intégré (de l'Otan) de la nécessité d'une intervention pour empêcher cette colonne d'avancer”, raconte Gérard Longuet.

Mirage-2000 français

Soumise au tir de l'avion français, la colonne s'est divisée, et une partie est alors tombée sur une brigade de combattants du CNT. Des affrontements auraient alors eu lieu entre les forces révolutionnaires libyennes et les partisans du colonel Kadhafi. “Dans ces affrontements, des véhicules ont été détruits, des personnes blessées et tuées”, poursuit le ministre.

Selon le CNT, Mouammar Kadhafi se trouvait dans l'un de ces véhicules. Le ministre français a renvoyé sur le CNT pour en avoir la confimation et les nouvelles autorités libyennes ont affiché leur certitude sur l'identité de Kadhafi.

La suite des évènements est révélée par des témoignages et des images diffusées sur une télévision libyenne, puis sur Al Jazira et Al Arabia. Selon un jeune garçon, entendu dans l'hôpital de Syrte par un journaliste de l'AFP. Vêtu d'une tunique beige ensanglantée, muni d'un révolver en or qu'il affirme être celui de Kadhafi, il dit avoir participé à l'arrestation de l'ex-“Guide” : “On l'a trouvé en train de ramper dans un tube en béton. C'est son sang sur ma chemise, je ne la laverai jamais”, claironne-t-il. Sur les lieux présumés, des combattants montrent aux photographe de grosses canalisations passant sous une route, dans lesquelles ils affirment avoir trouvé Kadhafi.

Kadhafi arrêté vivant

Un commandant du CNT a raconté que “Kadhafi se trouvait dans une Jeep sur laquelle les rebelles ont ouvert le feu. Il en est sorti et a tenté de fuir. Il s'est réfugié dans un égout. Les rebelles ont ouvert le feu de nouveau et il en est sorti portant une kalachnikov d'une main et un pistolet de l'autre. Il a regardé à gauche et à droite, demandant “qu'est-ce qui se passe ?”. Les rebelles ont ouvert le feu de nouveau, le blessant à l'épaule et à la jambe et il a succombé ensuite”

Sur les images diffusées par les deux chaînes arabes (cliquer ici pour visualiser les vidéos, attention, âmes sensibles s'abstenir), on y voit un homme qui semble en effet être Mouammar Kadhafi sorti d'une voiture. Sa tête et son torse sont ensanglantés, mais il est vivant. Il est malmené par des combattants surexcités. Ils le tirent, le poussent, lui tirent les cheveux. Il tente de résister, crie quelque-chose d'inaudible et semble encore relativement énergique. On voit des armes brandies, on entend des coups de feu, sans voir de quoi il s'agit.

Sur d'autres images, tournées apparemment juste après, on voit un corps flasque et sans réaction, qui semble mort ou mourant, les yeux mi-clos. Il est d'abord en treillis, puis on le voit torse-nu. Par la suite, des photos le montrent : c'est Kadhafi et il est mort, ainsi que son fils Mouatassim, tué au cours du combat.

Le chef de l'exécutif du CNT, Mahmoud Jibril, confirme que Kadhafi était vivant quand il a été arrêté, et qu'il a été conduit vers un pick-up : “Quand le véhicule a démarré, il a été pris dans un échange de tirs entre des combattants pro-Kadhafi et des révolutionnaires, et il a été tué d'une balle dans la tête”, poursuit-il, précisant qu'il était vivant jusqu'à son arrivée à l'hôpital de Misrata.

Grégoire Lecalot, avec agences

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