Les casques bleus dans la tourmente de la crise congolaise

(Radio France © France Info)

Au moment même où le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et sept dirigeants de l'Afrique des Grands lacs sont réunis à Nairobi pour tenter de trouver une issue au conflit qui secoue la République démocratique du Congo, de nouvelles violences ont eu lieu à une dizaine de kilomètres au nord de Goma. Une zone évacuée hier par les rebelles, et qui devait passer sous le contrôle de l'ONU. Des casques bleus accusés d’immobilisme par les deux parties…

De nouveaux combats ont éclaté aujourd'hui entre l'armée congolaise et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda à Kibati, à 15 km au nord de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, selon le porte-parole militaire de la Mission de l'ONU dans le pays (Monuc), le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich. L'armée a "utilisé des armes lourdes, des mortiers et des mitrailleuses. Les combats continuent en direction du nord", a-t-il ajouté à la mi-journée, précisant que des discussions étaient en cours entre la Monuc et l'armée pour faire cesser les affrontements.

Le conflit en République démocratique du Congo (RDC) menace l'Afrique des Grands Lacs d'une nouvelle tragédie humaine, a averti le même jour le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, soulignant qu'il "ne (pouvait) y avoir de solution militaire" malgré les combats en cours. Lors d'un sommet international à Nairobi sur la crise dans l'est de la RDC, le secrétaire général de l'ONU a pris la défense de la Monuc, accusée par Kinshasa d'inaction lors de "tueries" perpétrées selon le président Joseph Kabila dans le Nord-Kivu (est) par les rebelles du général tutsi congolais Laurent Nkunda.

Une équipe des Nations unies s'est rendue aujourd’hui à Kiwanja pour enquêter sur d'éventuelles "violations des droits de l'Homme" dans cette localité de l'est de la République démocratique du Congo. Elle entend "vérifier les informations sur les massacres et les violations des droits de l'Homme pour essayer de déterminer les responsabilités". Dans un communiqué publié jeudi, l'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW), basée à New York, avait affirmé que les rebelles congolais et des miliciens pro-gouvernementaux avaient "délibérément" tué des civils à Kiwanja, faisant état d'au moins 20 morts. La Monuc s'était aussi dit jeudi "gravement préoccupée" par de possibles exactions des rebelles de Laurent Nkunda dans cette localité.

Caroline Caldier avec agences